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vait s’agir d’un dispositif établi ne varietur, se déclanchantautomatiquement. En 1866, Moltke avait modifié à plu-sieurs reprises son plan d’opérations et son plan de con-centration ; en 1870, il avait varianté deux fois ses débar-quements. Napoléon lui-même, réalisant par voie de terresa concentration, avait eu le temps de donner progressi-vement à la « réunion de l’armée » la forme définitivecorrespondant à la manœuvre envisagée. Or, nos réseauxde chemins de fer avaient, en 1912, acquis assez de sou-plesse pour qu’il fût possible au cours même de la con-centration de modifier le groupement et la répartitiondes forces.
Il s’agissait, pour donner un point d’appui aux étudespréparatoires de l’état-major de l’armée, de lui donner unplan de répartition moyen de nos forces à l’intérieur de lazone de concentration définie comme je viens de la dire. Jedevais pour cela faire intervenir dans une première étudeles divers plans d’opérations qui me semblaient compa-tibles avec la situation.
Les projets réalisables se classaient tout naturellementen deux catégories : projets d’offensive stratégique, ouprojets de défensive stratégique. Dans chaque catégorie,il convenait de distinguer le cas où les armées belligérantesrespecteraient la neutralité de la Belgique, et celui oùelles développeraient leurs moyens d’action à travers leLuxembourg belge.
Pour résoudre le problème qui consistait à adapter le planaux circonstances, je me suis basé sur les idées suivantes :
Comme la manœuvre stratégique d’un groupe d’arméescomporte toujours une opération principale et des opé-rations subordonnées, c’était la nature et la portée de l’opé-ration principale à mener dans chaque cas qui devait mepermettre de différencier les projets entre eux; il me sem-blait possible de déterminer les zones de groupement desarmées dans une forme assez générale pour servir de baseà toutes les solutions de manœuvre, me réservant par lejeu des réserves de renforcer ou d’élargir celle des actionsprévues destinée dans ma pensée à devenir l’opération