Druckschrift 
1 (1932)
Entstehung
Seite
164
Einzelbild herunterladen
 

164 MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

sible de gagner un jour sur la durée de la concentrationdes éléments combattants. Dautres travaux qui devaientêtre terminés, les uns en 1913, les autres en 1914, donne-raient encore plus de souplesse et permettraient le groupe-ment des corps darmée dans la zone de concentration augré du commandement.

Les derniers renseignements nous signalaient, par contre,lactivité allemande dans la construction du réseau straté-gique de la région de lEifel , et limportance des quaismilitaires neufs dans la région à lest de Malmédy , « ce quiprouve, disais-je, chez létat-major allemand une tendancede plus en plus grande à porter vers le nord laile droite deson dispositif de concentration, et à englober le Luxem-bourg et la Belgique dans le théâtre de ses opérations. »

Je terminais mon rapport en disant que la concentra-tion actuelle ne cadrait plus avec la situation extérieure,létat nos forces et le rendement de nos voies ferrées.Elle ne me paraissait pas se prêter complètement auxmouvements que nécessiterait une offensive en Belgique en cas de violation du territoire belge par les Allemands.Pour toutes ces raisons, un nouveau plan me paraissaitnécessaire ; mais il était indispensable quil reposât surune organisation de la'rmée parfaitement définie. « Or,concluai-je, le plan XVI, mis à létude le 2 août 1907, napu entrer en vigueur que le 1 er mars 1909, cest-à-diredix-sept mois plus tard ; actuellement nous estimons àquatorze mois le temps nécessaire à létablissement duplan nouveau : si on veut quil soit appliqué au prin-temps 1914, il faut se hâter de faire voter les lois descadres de linfanterie, de la cavalerie, du génie, et de semettre au travail de préparation dès le début de 1913. »

Toutefois, je ne pouvais me faire dillusions. En tenantcompte des lenteurs législatives et du temps nécessaireau travail matériel de lélaboration dun nouveau plan,je comprenais fort bien que celui-ci ne pourrait entrer enœuvre que dans un délai encore fort éloigné. Aussi meparut-il nécessaire de recourir encore une fois à une solu-tion provisoire qui, en améliorant les conditions de la