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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

gouvernement motivées en grande partie, comme la fortbien dit lord French, par lattitude énigmatique de laBelgique jusquau dernier moment : « Il est fort regrettablequon nait jamais pu la persuader à déterminer par avanceson attitude dans lhypothèse dune guerre générale. »Notre tâche davant-guerre en eût été singulièrement sim-plifiée : officiellement, je ne pouvais dans un document des-tiné à un assez grand nombre de personnes tenir compte quedes opérations susceptibles de se dérouler en dehors du terri-toire belge . Comme jétais obligé denvisager lhypothèse dela violation de la neutralité belge, je préférais dès lors nerien écrire sur le plan dopérations, me contentant duneconcentration à plusieurs fins. Et je me bornais à afficherma volonté doffensive dans la direction générale du nord-est, aussitôt que la totalité des forces françaises seraientréunies.

Cette réserve de ma part me paraissait justifiée à lépoque je pris ma décision. Elle me paraît encore justifiéeaujourdhui.

Supposons par exemple que, par suite de circonstancesparticulières imputables aussi bien à létat intérieur de laFrance quà lhabileté avec laquelle les Allemands auraientdissimulé leurs préparatifs, nous nous soyons trouvés enretard dans notre mobilisation ; il est bien évident que,dans ces conditions, il aurait fallu reculer la zone de con-centration. On verra, dailleurs, que, dans la période detension politique, jeus à craindre cette éventualité.

Au moment de sa rédaction, on me proposa dindiquerpar une phrase que cette Instruction était loin de corres-pondre à toutes les hypothèses ; je my refusai, préférantprescrire de pousser létude des variantes destinées à con-centrer le gros de nos forces dans la partie nord du théâtredes opérations. Il me semblait que, telle quelle était, cetteInstruction suffisait, par sa solution moyenne, à permettreaux différents états-majors darmée de travailler; javaisassez de confiance dans leur souplesse pour estimer que,le moment venu, ils sauraient exécuter les modificationsque je prescrirais; jestimais dangereux de faire connaître