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1 (1932)
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ASSASSINAT DE JAURÈS

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trains et à leur envoi aux points dembarquement. LeConseil des ministres se réunit à 17 heures et prit connais-sance de ma note. Cette fois, M. Yiviani lapprouva. Ilétait à ce moment 17 h. 15. Cependant, le Conseil desministres prit la décision de ne donner encore quunedemi-satisfaction à mes demandes : si je fus enfin auto-risé à lancer le télégramme destiné à mettre en placela couverture, on me refusa lautorisation de rappelerles réservistes. Quoi quil en soit, il était 17 h. 40 exacte-ment lorsque fut expédié le télégramme : « Faites partirtroupes de couverture. Lheure initiale est fixée à 21 heures. »Javoue que je ressentis un grand soulagement à cemoment.

Il était temps. Peu après que ce télégramme fut parti,lambassadeur dAllemagne , M. de Schœn, se présentaitau Quai dOrsay et annonçait à M. Viviani que lempereuravait décidé le jour même à midi de déclarer létat dedanger de guerre. En outre, il annonçait la mobilisationgénérale de la Russie , et demandait quelle serait lattitudede la France en cas de conflit entre lAllemagne et laRussie .

En apprenant ces graves nouvelles, jinsistai derechefauprès du ministre de la Guerre pour que la décision dela mobilisation générale fût prise immédiatement ; elleme paraissait urgente. M. Messimy me promit dinsisterauprès du Conseil qui se réunit dans la soirée.

En effet, à 21 heures un nouveau Conseil des ministres le troisième de la journée se réunit. Pendant quilavait lieu, on apprit lassassinat de Jaurès. Ce monstrueuxattentat fit redouter des troubles, et je reçus aussitôtlordre du gouvernement de contremander lembarque-ment de la brigade de cuirassiers de Paris . La premièredivision de cavalerie, à laquelle cette brigade appartenait,sembarqua donc pour la frontière avec deux brigadesseulement. Le lendemain, grâce à la sagesse de la popu-lation, on acquit la certitude que lordre ne serait pastroublé : lapproche du danger avait refait lunion detous les Français. Il fut, en conséquence, décidé que la