LE G. Q. G.
239
Le Grand Quartier Général comptait alors une cinquan-taine d’officiers, en y comprenant tous ceux des services(chemin de fer, intendance, santé, section du chiffre, sec-tion du courrier, automobiles, commandement du quartiergénéral). Les bureaux étaient installés dans le collège,sur la place Royer-Collard, en face de l’église Notre-Dame ;j’avais mon bureau dans une salle d’études du premierétage; j’étais logé avec mes officiers d’ordonnance prèsde là, chez un ancien officier du génie, M. Capron, qui mità ma disposition son salon dans lequel fut installé un litde camp derrière un paràvent. Je prenais mes repas chezM. Capron avec les généraux Belin et Berthelot, le com-mandant Gamelin détaché du 3 e bureau auprès de moi,et mes deux officiers d’ordonnance, les capitaines de Gal-bert et Muller.
Dès le début, le Grand Quartier fonctionna de la mêmemanière que pendant toute la guerre. Il y avait deux rap-ports par jour : le premier, appelé Grand Rapport se tenaitdans mon bureau le matin vers 7 heures ; le deuxième, lesoir vers 20 heures. Au Grand Rapport assistaient normale-ment à mes côtés le Major Général, les Aides-Majors géné-raux, le Directeur de l’Arrière, les chefs de bureaux et lesofficiers de mon cabinet. Au rapport du matin comme à celuidu soir, je prenais connaissance des comptes rendusenvoyés par les armées et relatifs aux événements quis’étaient déroulés dans les douze heures précédentes, ainsiqu’aux renseignements recueillis dans le même espace detemps sur l’ennemi. Bien entendu, si des rapports oucomptes rendus importants arrivaient dans le cours de lajournée ou de la nuit, ils m’étaient aussitôt présentés ; mais,le principal intérêt des deux rapports de la journée étaiten quelque sorte de nous permettre de faire « le point ».Au rapport du matin, on établissait la situation générale,et il m’arrivait alors fréquemment d’inviter les officiersprésents à développer leurs observations personnelles,après quoi je fixais ma décision.
Dans ces discussions, la personnalité du général Ber-thelot ne cessa de s’accentuer. Esprit puissant, intelligence