APPEL DU ROI DES BELGES
26 J
Mercredi 12 août. — Cependant, au nord de la Meuse, la cavalerie allemande avait poussé jusqu’à Diest et Tir-lemont ; cette progression de l’ennemi parut émouvoirprofondément le commandement belge. En effet, le 12 aumatin, nous recevions un appel du roi des Belges pour queles Alliés viennent le plus rapidement possible au secoursde son armée, annonçant qu’il ramènerait son armée sousAnvers, si les Allemands attaquaient en forces supérieures ;le colonel Génie, en même temps qu’il me communiquaitcet appel du roi, insistait pour que le corps de cavaleriepassât le plus rapidement possible au nord de la Meuse.
Les intentions du gouvernement belge ainsi manifes-tées n’étaient pas pour nous surprendre. Je me rendais,certes, bien compte de la nécessité d’appuyer les Belges.Mais, tout d’abord, il ne semblait pas que la cavalerieallemande signalée au nord de la Meuse fût soutenue,puisque le 12 elle essuyait à Iiaelen un échec importantque lui infligeait la division de cavalerie belge soutenuepar une brigade d’infanterie. D’autre part, il semblait queles forces ennemies signalées au sud de la Meuse fussentplus importantes que nous ne l’avions cru jusqu’ici :deux nouveaux corps d’armée allemands venaient, eneffet, d’y être identifiés. Dans ces conditions, il était diffi-cile de relever le corps de cavalerie de la mission de cou-verture de la 5 e armée qu’il avait reçue. La seule chosequ’il me parut possible de faire pour l’instant, et quid’ailleurs était fort nécessaire, c’était d’établir la conti-nuité du front en liant par Namur notre armée de gaucheà l’armée belge. A cet effet, j’autorisai le général Lanrezac ,qui m’en avait demandé l’autorisation, à porter son corpsde gauche dans la région de Dinant ; en outre, je poussaivers Philippeville les deux divisions d’Afrique qui allaientcommencer leurs débarquements.
Mais, à ce moment encore, une grande incertitude pla-nait sur la date à laquelle les Anglais pourraient entreren action à nos côtés.
Le 9 août, le colonel Huguet, notre attaché militaire àLondres , arrivant au grand quartier général, m’avait mis