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1 (1932)
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MÉMOIRES DU.MARÉCHAL JOFFRE

prendre fin dans la journée du 20 ; pour éviter des re-présailles, le gouvernement belge avait décidé que la gardecivique ne défendrait pas Bruxelles et se replierait éga-lement sur Anvers . Dans la soirée, des renseignementsbelges et anglais arrivèrent qui nous donnèrent de nou-velles précisions : de nombreuses colonnes avaient été vuesau nord de la Meuse : elles étaient orientées vers louest,leurs têtes atteignaient la ligne Aerschot, Louvain , Jo-doigne : elles étaient estimées à 4 corps darmée au moins.

On juge de limportance de ces renseignements : cétaitla première fois que nous étions éclairés avec précisionsur ce qui se passait au nord de la Meuse .

Tout dabord, les effectifs se révélaient beaucoup plusnombreux que nous ne lavions cru jusquici. Ils étaientmanifestement trop importants pour nêtre consacrés quàla mise hors de cause de larmée belge . Dailleurs, le frontde marche, lorientation des colonnes indiquaient que cettemasse était dirigée contre notre aile gauche.

Dautre part, cette manœuvre sannonçait beaucoup pluslarge que nous ne lavions envisagée, puisquelle débordaitlargement Bruxelles par le nord.

Ainsi, toutes nos précédentes incertitudes se dissipaientbrusquement, au moment sachevait la concentrationfranco-britannique. Il semblait bien que les Allemands,derrière le rideau de leur cavalerie, étaient parvenus àrassembler une masse de manœuvre dextrême droite (1).Et lensemble des renseignements nous permettait denous faire maintenant une idée du .plan que nos adver-saires réalisaient : il sagissait dune marche des arméesallemandes laile droite en avant.

(1) Le rôle de la cavalerie allemande au début de la campagnede 1914 comme masque de la manœuvre stratégique ne me semblepas avoir été jusquici étudié avec assez dintérêt : il fut extrêmementimportant et me paraît de nature à modifier certaines idées rela-tives à lutilité et à lemploi de la cavalerie. A labri dun rideaude cavalerie, il sera toujours possible, par des marches de nuit,de réaliser des concentrations qui échapperont à lobservation etqui seront susceptibles de déterminer « lévénement » dont parlaitNapoléon .