LES BATAILLES DE LA FRONTIÈRE
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La question qui, à notre gauche, me préoccupait le plus,c’était que le mouvement enveloppant des Allemands avaitparu se développer. Or, c’étaient les Anglais qui, seuls, pou-vaient s’opposer à cette menace, n’est-à-dire précisémentl’armée à laquelle je n’avais pas le droit de donner desordres. Je dus me contenter de suggérer au maréchalFrench qu’il pourrait utilement retarder la marche desforces ennemies entre Valenciennes et Maubeuge , c’est-à-dire sur le prolongement de la ligne Givet -Beaumont surlaquelle j’espérais voir tenir la 5 6 armée. En même tempsje lui indiquai que, s’il était obligé par des forces supérieuresde se replier, il pourrait le faire en direction générale de Cam-brai. Ainsi, il se relierait au barrage constitué par les trois di-visions territoriales que commandait le général d’Amade (1).
Mais il me paraissait surtout nécessaire de prolonger lagauche des Anglais par des troupes françaises auxquellesje pourrais donner des ordres. Or, deux divisions de ré-serve venant de Paris devaient être amenées dans la nuità Arras pour être mises aux ordres de d’Amade. Je leurdonnai la mission générale de couvrir la gauche anglaisecontre toute tentative d’enveloppement.
En outre, je repris sous mes ordres directs le corps decavalerie Sordet, qui au lieu de gagner l’aile extérieure desarmées alliées s’était rassemblé au sud de Maubeuge. Jelui prescrivis de passer à la gauche des Anglais et de con-courir à leur sûreté ; mais je savais qu’il y avait peu à at-tendre de lui, en raison de l’état de fatigue de ses hommeset de ses chevaux.
Ces ordres qui avaient trait au domaine stratégique unefois donnés, il y avait lieu de rechercher pourquoi, malgréla supériorité numérique que je croyais avoir donnée à nosarmées, l’action offensive puissante tentée de Longwy àla Sambre avait tactiquement échoué si complètement.
Quelque douloureux qu’il soit de révéler certaines fai-