LES BATAILLES DE LA FRONTIÈRE 305
hautes des jeunes hommes énergiques, décidés à vaincreà tout prix. Éliminez les vieillards, sans pitié.
« Messimy. »
Si, à distance, on est tenté, de trouver que le ministreexagérait les sanctions à prendre, je tiens à témoigner icique je lui suis reconnaissant de m’avoir donné constammentl’impression que je serais soutenu dans toutes les mesuresque j’aurais à prescrire pour rendre à nos armées la vigueurnécessaire.
La journée du lundi 24 août fut relativement calme.J’attendais anxieusement des nouvelles de notre gauche.Dans la soirée, et dans la nuit, elles arrivèrent assez mau-vaises, comme on pouvait le supposer : Tournai et Condéavaient été occupées par des détachements ennemis ; puisle général d’Amade fit connaître que les Allemands étaientarrivés à Somain et Valenciennes. Ainsi, la droite alle-mande débordait nettement la gauche anglaise, et allaitprobablement pouvoir librement développer une manœuvrequi menacerait nos lignes de communication ; cela étaitd’autant plus vraisemblable que le reflux des 3 e et 4 e arméesallait, sans doute, permettre aux Allemands de renforcerleur masse d’aile droite.
Le danger était grave : il fallait envisager la retraiteprobable de toute la gauche, et particulièrement de l’arméeanglaise. Je jugeai nécessaire, en prévision de cette éven-tualité, de fixer des zones de repli, destinées le cas échéantà permettre l’établissement rapide des ordres; je déter-minai celle de l’armée anglaise, en l’orientant vers le sud-ouest, afin de couvrir la direction de Paris, et d’éviterautant que possible l’enveloppement par l’obligation danslaquelle se trouverait l’ennemi de s’étendre vers l’ouest.La limite de la zone anglaise du côté de la 5 e armée futdéterminée par une ligne passant par Maubeuge , le Cateauet Bohain .
En même temps que le débordement de l’armée anglaisemettait en danger nos lignes de communication, il menaçait
20
T. I.