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1 (1932)
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PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 311

toutes ses préférences, mit tout en œuvre pour assurer dansles meilleures conditions la réussite de ce nouveau plan.

Pour avoir le temps de rassembler dans la régiondAmiens une masse susceptible de produire un effet décisifsur laile marchante ennemie, il fallait bien admettre unrecul de nos armées de gauche. On pouvait espérer quenutilisant les obstacles pour arrêter ou retarder la progres-sion adverse par de fréquentes contre-attaques, ellesnauraient pas à dépasser la ligne générale de lAisne pro-longée par la falaise Craonne, Laon, La Fère . La 3 e arméeprendrait appui sur la place de Verdun qui servirait decharnière au mouvement général de recul. Les 4 e et5 e armées françaises, larmée britannique et le groupe-ment dAmiens formé de forces prélevées sur notre ailedroite constitueraient une masse capable de reprendreloffensive, aussitôt que lennemi débouchant de la régionboisée de lArdenne, se trouverait avec ce terrain difficilederrière lui.

Ainsi jenvisageais une bataille Amiens-Reims , avecune nouvelle armée à lextrême gauche de notre ligne,encadrant les Anglais et susceptible de déborder à sontour laile droite allemande.

Pour la réussite de cette manœuvre, il fallait réaliserdeux conditions essentielles :

Dabord, que nos 4 e et 5 e armées résistant pied à pied, com-binant leur retraite avec des reprises partielles doffensive, descontre-attaques, appuyées par notre artillerie très efficace contredes troupes en marche, nous laissent le temps de rassembler ànotre gauche la masse que javais résolu de former.

Ensuite, que les Anglais , par une résistance tenace, ne cèdentle terrain que très lentement, de façon à éviter que notre ailegauche en se repliant trop vite ne favorise la menace envelop-pante adverse. Ils avaient dailleurs déjà pour les soutenir legroupement dAmade auquel venaient sadjoindre les 61 e et62 e divisions de réserve en cours de débarquement à Arras .

Lobligation de convaincre le commandement anglais decette nécessité me parut si urgente que jorganisai dansla soirée du 25 une entrevue avec le maréchal French à