PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 311
toutes ses préférences, mit tout en œuvre pour assurer dansles meilleures conditions la réussite de ce nouveau plan.
Pour avoir le temps de rassembler dans la régiond’Amiens une masse susceptible de produire un effet décisifsur l’aile marchante ennemie, il fallait bien admettre unrecul de nos armées de gauche. On pouvait espérer qu’enutilisant les obstacles pour arrêter ou retarder la progres-sion adverse par de fréquentes contre-attaques, ellesn’auraient pas à dépasser la ligne générale de l’Aisne pro-longée par la falaise Craonne, Laon, La Fère . La 3 e arméeprendrait appui sur la place de Verdun qui servirait decharnière au mouvement général de recul. Les 4 e et5 e armées françaises, l’armée britannique et le groupe-ment d’Amiens formé de forces prélevées sur notre ailedroite constitueraient une masse capable de reprendrel’offensive, aussitôt que l’ennemi débouchant de la régionboisée de l’Ardenne, se trouverait avec ce terrain difficilederrière lui.
Ainsi j’envisageais une bataille Amiens-Reims , avecune nouvelle armée à l’extrême gauche de notre ligne,encadrant les Anglais et susceptible de déborder à sontour l’aile droite allemande.
Pour la réussite de cette manœuvre, il fallait réaliserdeux conditions essentielles :
D’abord, que nos 4 e et 5 e armées résistant pied à pied, com-binant leur retraite avec des reprises partielles d’offensive, descontre-attaques, appuyées par notre artillerie très efficace contredes troupes en marche, nous laissent le temps de rassembler ànotre gauche la masse que j’avais résolu de former.
Ensuite, que les Anglais , par une résistance tenace, ne cèdentle terrain que très lentement, de façon à éviter que notre ailegauche en se repliant trop vite ne favorise la menace envelop-pante adverse. Ils avaient d’ailleurs déjà pour les soutenir legroupement d’Amade auquel venaient s’adjoindre les 61 e et62 e divisions de réserve en cours de débarquement à Arras .
L’obligation de convaincre le commandement anglais decette nécessité me parut si urgente que j’organisai dansla soirée du 25 une entrevue avec le maréchal French à