PRÉPARATION DE LA RATAILLE DE LA MARNE 313
un corps d’armée ennemi flanqué d’une division d’infan-terie et d’une division de cavalerie que cette action étaitengagée. En face de la nécessité de renforcer d’urgencenos troupes du nord, il fallait savoir choisir et ne pasattaquer partout ; il suffisait de conserver sur les Hauts-de-Meuse une attitude de défensive. Je résolus de pres-crire à l’armée de Lorraine de remettre à ma dispositiondeux divisions, prêtes à être transportées en chemin de fer.J’envoyai donc, le 25 au matin, le commandant Bel, agentde liaison de la 3 e armée, au grand quartier de cette arméeporteur pour la 3 e armée et l’armée de Lorraine de l’ordred’arrêter le combat, de se reporter sur les Hauts-de-Meuse et de s’y mettre sur la défensive. Le 25 vers midi,Bel me fit connaître que deux divisions intactes étaientdirigées sur Dugny et Saint-Mihiel. Le même soir, Mau-noury me rendait compte que liant son mouvement à laretraite ordonnée à la 3 e armée, il avait à son tour rompule combat.
Ainsi, à ce moment, je concevais la masse d’extrêmegauche comme devant être formée du 7 e corps d’armée etd’une division provenant d’Alsace , de deux divisions venantdu camp retranché de Paris et de deux divisions prélevéessur l’armée de Lorraine . La demande de transport de cesdeux dernières unités avait été adressée au ministre le23 août ; le 24, l’armée d’Alsace avait reçu l’ordre d’em-barquer, dès le 25, à Belfort et Montbéliard , l’état-majordu 7° corps et une division de ce corps d’armée ; le 25,celui d’embarquer la 63° division de réserve. Enfin, dansla matinée du 25, l’armée de Lorraine savait qu’elle devaitme rendre deux divisions de réserve ; le 26, à 11 h. 25, elleétait avisée que le transport de ces divisions à destinationde Compiègne commencerait le 27.
Voilà, donc dans quelles conditions je constituai legroupement qui devait devenir la 6 e armée.
Or, le 25 août, vers 21 heures, je reçus du ministre l’ordresuivant :
« Si la victoire ne couronne pas le succès de nos armeset si les armées sont réduites à la retraite, une armée de