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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

trois corps actifs au minimum devra être dirigée sur lecamp retranché de Paris pour en assurer la garde. Il serarendu compte de la réception de cet ordre. »

La lecture de ce télégramme me produisit une vivesurprise. En effet, jy voyais poindre la menace duneintervention gouvernementale dans la conduite des opé-rations, intervention qui risquerait, si les éventualitésenvisagées se réalisaient, de gêner considérablement maliberté de manoeuvre au moment elle me paraissaitplus nécessaire que jamais.

En outre, lidée denfermer trois corps darmée actifsdans le camp retranché de Paris , en un temps nousavions besoin de toutes nos ressources en rase campagne,me semblait grosse de dangers. On remarquera, dautrepart, quil ny avait aucun lien entre le fait de constituerune armée de manœuvre dans la région dAmiens , ce quiétait ma pensée, et celui denvoyer trois corps darméeactifs garder le camp retranché de Paris , ce qui représen-tait la décision même du ministre.

Heureusement, lordre du ministre portait en lui-mêmeun correctif, en ce sens quil nétait pas dexécution impé-rative, puisquil commençait par ces mots : « Si la victoirene couronne pas le succès de nos armées, et si les arméessont réduites à la retraite... » Or, comme je viens de ledire, jétais en train dorganiser une manœuvre qui, dansmon esprit, devait aboutir à une bataille sur un frontjalonné par Amiens, Laon , les hauteurs du nord delAisne et Reims .

Les termes mêmes de cet ordre paraissaient donc mau-toriser à attendre que cette bataille ait été livrée pourexécuter les instructions du ministre.

Je me considérais donc comme en droit de surseoirprovisoirement à lexécution de ces instructions, meréservant la possibilité dagir en temps utile, suivant lescirconstances.

Dailleurs si inquiétante que fût la situation, elle ne meparaissait pas encore si grave quon fût obligé denvisagerimmédiatement la défense de la capitale, et, en tout