PRÉPARATION DE LA RATAILLE DE LA MARNE 315
cas, si on devait en venir là, nous aurions toujours letemps de mettre à exécution la décision du gouverne-ment (1).
(1) L’ordre du ministre était accompagné d’une lettre en deuxparties, la première datée de 1 heures, la seconde de midi.
Voici la lettre :
MINISTÈRE DE LA GUERRE
LE MINISTRE
« Mon cher général et ami,
« 1“ Je suis très surpris et, je dirai plus, mécontent du rôle jouépar Sordet. Le corps de cavalerie allemand parcourt la région duNord en ravageant tout, bousculant les territoriaux : Sordet, quia peu combattu, dort. C’est inadmissible.
« Si vous voulez des autos pour l’infanterie, il y en a à Paris ungrand nombre disponibles. A la condition que vous ayez l’essencepour les ravitailler, 60 au moins portant 500 hommes pourront êtreimmédiatement disponibles, en vue d’opérations à faire avec lacavalerie. Mais cela n’est qu’une question secondaire.
« 2° Il m’apparaît clairement que le théâtre d’opérations du Nordva prendre une réelle importance, importance stratégique dans l’en-semble, importance morale du fait de sa proximité de Paris. Il fautconstituer une armée pour y combattre. C’est nécessaire à mon avis,étant donné le peu de résistance des territoriaux qui ne tiennent pas.
« 3° J’adopte le principe du régime de l’avancement. Mais je neveux à aucun prix que ce décret permette de faire avancer le per-sonnel des états-majors : un capitaine vaut un colonel dansun Q. G. Je ne ratifierai pas, je vous en avertis, les nominationsfaites pour du personnel d’état-major, à moins de circonstancestout à fait exceptionnelles : c’est pour assurer le commandement destroupes que j’admets cette procédure révolutionnaire.
« 4° Ci-joint, enfin, un ordre dont l’importance capitale ne vouséchappera pas : ordre de donner à Paris une garnison minima detrois corps actifs, en bon état, en cas d’échec. Il va de soi que laligne de retraite du reste de l’armée devrait être tout autre dans lecentre et le sud de la France. Nous sommes décidés à la lutte àoutrance et sans merci.
« Affectueusement vôtre, « Messimy. »
« 25 août 1914, midi.
« Mon cher général,
« 5° L’impression produite par les incursions du corps de cava-lerie allemande à notre gauche est si vive que je garde à ma dispo-