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1 (1932)
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PRÉPARATION DE LA RATAILLE DE LA MARNE 315

cas, si on devait en venir, nous aurions toujours letemps de mettre à exécution la décision du gouverne-ment (1).

(1) Lordre du ministre était accompagné dune lettre en deuxparties, la première datée de 1 heures, la seconde de midi.

Voici la lettre :

MINISTÈRE DE LA GUERRE

LE MINISTRE

N° 19 Min. Paris, le 25/8/1914, 7 h. matin.

« Mon cher général et ami,

« 1 Je suis très surpris et, je dirai plus, mécontent du rôle jouépar Sordet. Le corps de cavalerie allemand parcourt la région duNord en ravageant tout, bousculant les territoriaux : Sordet, quia peu combattu, dort. Cest inadmissible.

« Si vous voulez des autos pour linfanterie, il y en a à Paris ungrand nombre disponibles. A la condition que vous ayez lessencepour les ravitailler, 60 au moins portant 500 hommes pourront êtreimmédiatement disponibles, en vue dopérations à faire avec lacavalerie. Mais cela nest quune question secondaire.

« 2° Il mapparaît clairement que le théâtre dopérations du Nordva prendre une réelle importance, importance stratégique dans len-semble, importance morale du fait de sa proximité de Paris. Il fautconstituer une armée pour y combattre. Cest nécessaire à mon avis,étant donné le peu de résistance des territoriaux qui ne tiennent pas.

« 3° Jadopte le principe du régime de lavancement. Mais je neveux à aucun prix que ce décret permette de faire avancer le per-sonnel des états-majors : un capitaine vaut un colonel dansun Q. G. Je ne ratifierai pas, je vous en avertis, les nominationsfaites pour du personnel détat-major, à moins de circonstancestout à fait exceptionnelles : cest pour assurer le commandement destroupes que jadmets cette procédure révolutionnaire.

« 4° Ci-joint, enfin, un ordre dont limportance capitale ne vouséchappera pas : ordre de donner à Paris une garnison minima detrois corps actifs, en bon état, en cas déchec. Il va de soi que laligne de retraite du reste de larmée devrait être tout autre dans lecentre et le sud de la France. Nous sommes décidés à la lutte àoutrance et sans merci.

« Affectueusement vôtre, « Messimy. »

« 25 août 1914, midi.

« Mon cher général,

« 5° Limpression produite par les incursions du corps de cava-lerie allemande à notre gauche est si vive que je garde à ma dispo-