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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

26 août. Le 26 août, je partis dassez bon matin pourSaint-Quentin accompagné de Berthelot et de mon offi-cier dordonnance, le capitaine Muller.

Jattachais une grande importance à lentrevue quejallais avoir avec le commandant de larmée anglaise, lapremière depuis quil était venu me voir à Vitry au momentde sa prise de commandement. Il sagissait de mentendreavec lui sur lexécution du nouveau plan dopérationsconcernant la bataille Verdun-Laon-Amiens que javaisdécidée. Je savais, dailleurs, à quelles difficultés jallaisme heurter ; je pouvais craindre, en effet, que le maréchalne fût pas entièrement libre de ses décisions, car je savaisque Iiitchener était fréquemment tenté dintervenir dansla direction des opérations de larmée anglaise.

Dautre part, je savais quil existait déjà quelquestiraillements entre le maréchal et le commandant de la5 e armée.

Jarrivai à Saint-Quentin vers 10 heures et demie.DAmade était déjà arrivé. Il me mettait au courant de lasituation difficile de son groupement lorsque Lanrezac

sition la 3 e division dAlgérie en voie de mobilisation à Perpignan -Carcassonne . Si besoin est, elle pourrait en quarante-huit heures êtretransportée à Chantilly ou Beauvais . Le débordement par la gaucheest un fait dont il ne faut pas sexagérer limportance stratégique,mais il agit sur lopinion dans des proportions que vous ne pouvezpas imaginer.

« Linaction de Sordet mapparaît comme de plus en plus cou-pable : je considère quil a gravement manqué à son devoir. Aureste, je ne récrimine pas ; je vous prie de croire à mon entière con-fiance.

« 6° Pour finir, je vous prie personnellement et de la façon la pluspressante dautoriser le payeur Caillaux, accompagné du caporalCeccaldi, à rejoindre létat-major de Sarrail qui les accepte tousdeux dans son état-major, je le sais.

« Ni vous ni moi navons dintérêt à nous créer des difficultés poli-tiques ; je vous demande de la façon la plus formelle dautorisercette affectation. La paix revenue, ou même plus tôt, nous pourrionsvous et moi nous créer de réels ennemis si elle ne se faisait pas.

« Ma très cordiale amitié.

« Messimy. »