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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Jattirai également lattention du maréchal sur lintérêtque je voyais à ce quil conformât sa manœuvre aux ins-tructions générales que javais données à nos armées, eten particulier, à ce quil sefforçât de respecter les zonesde marche réservées à chaque armée, afin déviter ledésordre. Je lui indiquai que, la première manœuvre conçueayant échoué, je lui demandais instamment de mettretout en œuvre pour permettre lexécution de la nouvellebataille envisagée. A son étonnement, je compris quilnétait pas au courant de mes intentions et je lui demandaisil avait reçu la copie de mon instruction du 25 août queje lui avais envoyée. Il nen avait pas encore connaissance :elle était restée entre les mains du général Murray. Jex-posai alors la conception de la nouvelle manœuvre queje me proposais dexécuter, en indiquant en détail lerôle que larmée anglaise aurait à y jouer. French élevaimmédiatement des objections ; malgré mon insistance, jeuslimpression de ne pas le convaincre : il songeait surtoutà se replier sur Saint-Quentin . Je lui promis de donnerdes ordres à Sordet, pour que non seulement il couvre lagauche anglaise, mais encore pour quil intervienne dansla bataille avec la plus grande énergie et avec toutes sesforces. En outre, sur la demande même du maréchal, jedonnai immédiatement lordre à dAmade de pousser sesdeux divisions fraîches de réserve sur Bray, afin détayerlarmée britannique. Par contre, je demandai au maréchalFrench sil espérait recevoir bientôt des renforts dAn-gleterre , et tout spécialement la 6 e division dinfanterie,car il y avait nécessité de faire état, dans la situationactuelle, de toutes les ressources alliées (1). French me fitconnaître que le secrétaire dÉtat à la Guerre envisageaitlenvoi de cette division en Belgique, en appui de larméebelge. Je représentai au maréchal combien une telle so-lution serait dangereuse; je lui dis ma conviction que la

(1) Dans sa lettre à laquelle jai déjà fait allusion plus haut-, legénéral de la Panouse me faisait connaître que Kitchener hésitaitbeaucoup à envoyer une division sur le continent.