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1 (1932)
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319
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PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 319

décision ne pourrait sobtenir que sur le front français,et que tous les efforts que lAngleterre pourrait fournirdevaient être accumulés sans délai vers la gauche de notreligne de bataille. Sur ce point, jeus limpression dêtreen communauté de pensée avec mon interlocuteur.

Lorsque, au début de laprès-midi, je quittai le quartiergénéral britannique, jemportais limpression de la fra-gilité de notre extrême gauche, et je me demandais avecinquiétude si elle tiendrait assez longtemps pour me per-mettre de réaliser le nouveau groupement de nos forces.Dautre part, jétais impressionné par la mésintelligence queje sentais naître entre la maréchal French et le comman-dant de la 5 e armée : deux tempéraments, deux mentalitéssi essentiellement différents qui, au rude contact des diffi-cultés de la bataille, paraissaient ne pas pouvoir saccorder.

Je rentrai à mon quartier général dans la soirée. Lesrenseignements que jy trouvai sur lensemble du frontnétaient guère réconfortants. De la 4 e armée, le colonelPaquette avait rapporté une impression pessimiste : le17° corps particulièrement paraissait effondré ; les autrescorps avaient subi de lourdes pertes dans les combatssoutenus dans la zone boisée ils avaient été engagés.La 4° armée se repliait maintenant sur la rive gauchede la Meuse, en faisant sauter tous les ponts. La 3 e arméetenait encore difficilement sur la rive droite. Mais, departout, arrivait lécho de défaillances qui me faisaientredouter leffondrement du moral des troupes : le décou-ragement commençait à se faire sentir dans toutes lessphères de larmée et même au grand quartier général.

Lattitude des Anglais me causait également de gravessoucis ; nous avions intercepté dans la journée deux radiosallemands qui indiquaient que le groupement de droitedes forces allemandes avait marcher dans la journéesur le front Cambrai -Le Cateau ; à 9 h. 10, les élémentsde tête de ce groupement avaient attaquer sur toutle front. Je nétais pas sans inquiétude sur la manièredont nos alliés auraient supporté cette poussée allemande,au cours de cette journée particulièrement critique; de