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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

leur résistance allait dépendre en grande partie la possi-bilité de réaliser notre nouvelle manœuvre. Or, je reçus,tard dans la nuit, un télégramme très pessimiste du co-lonel Huguet, daté de Noyon , me donnant les plus mau-vaises nouvelles sur les résultats de la journée : « Batailleperdue, me disait-il, par larmée britannique, qui semblebien avoir perdu toute cohésion ; elle demandera, pour êtrereconstituée, dêtre sérieusement protégée ; le quartier gé-néral anglais sera, ce soir, à Noyon . »

Sous peine de redouter les plus graves événements,il était nécessaire, en présence de cette situation, dor-ganiser à la gauche un commandement solide, doté detous les organes lui permettant de faire sentir son action.Je songeai alors au général Maunoury, qui me paraissaitle plus apte à prendre ce lourd commandement dans cescirconstances difficiles. Cest ainsi quaprès avoir décidéla dissolution de larmée de Lorraine, jorganisai, dansla première partie de cette nuit, la 6 e armée que je plaçaiaux ordres du général Maunoury disposant de létat-majorde larmée de Lorraine. Il prendrait le commandement detoutes les forces transportées à louest du dispositif généraldes armées françaises et anglaises, cest-à-dire du 7 e corps,des 61 e , 62 e et 63 e divisions de réserve, des 55 e et 56 e divi-sions de réserve, le général dAmade conservant la direc-tion des quatre divisions territoriales. Quant aux quatredivisions de réserve restantes de larmée de Lorraine, je lespassai, aux ordres du général Paul Durand, à la 3 e armée.Je fis inviter le général Maunoury à passer le plus tôt pos-sible au grand quartier général pour y prendre mes ordres.

En même temps, je jugeai nécessaire de dissoudre larméedAlsace . Les forces restantes de cette armée, sur laquelleje venais de prélever une partie des éléments destinésà la 6 e , furent réparties en deux groupements subordonnésau général Dubail.

Cest au milieu des graves événements de cette nuitque jappris par le capitaine Tardieu quune crise minis-térielle venait de se produire, que le ministre Messimyétait démissionnaire et allait être remplacé par M. Mille-