Préparation de la bataille de la marne 321
rand. Je me réjouis d’apprendre que ce dernier, dans lequelj’avais la plus grande confiance et pour lequel je nourrissaisla plus vive amitié, allait prendre dans ces heures difficilesla direction du ministère ; son sérieux, sa ténacité, sonpatriotisme étaient pour moi la certitude qu’il sauraitfaire face à toutes les nécessités.
Le lendemain je reçus de M. Messimy la lettre suivante :
« Mon cher général,
« Je suis « débarqué » par le président de la Républiquepour avoir traité les pouvoirs publics et la presse de ma-nière trop rude.
« Mais Millerand me remplace, en qui vous pouvezavoir pleine et totale confiance.
« J’ai besoin pour l’avenir d’une lettre personnelle devous protestant contre le communiqué officiel qu’on m’avaitenlevé (1) : « Il n’y avait dans la région du Nord que des« territoriaux. » C’est le renouveau de l’article du Temps en août 1870.
« J’irai dans cinq ou six jours rejoindre mon postede chef de bataillon breveté au grand quartier général,comme me l’indique ma lettre de service. Je demandeà être affecté au 2° Bureau.
« En attendant, ma main; j’ai confiance en la France et en vous.
« Messimy. »
Des renseignements qui nous étaient parvenus sur l’arméeanglaise, il résultait que celle-ci, au lieu de prendre ladirection générale de Cambrai que je lui avais indiquéedès le 24 août, s’était rejetée vers la zone de marche réservéeà la 5 e armée, facilitant ainsi l’enveloppement que recher-chait manifestement l’aile droite allemande. La consti-tution de la 6 e armée n’était pas encore arrivée à un point
(1) Le mot primitif était « arraché »; ce mot a été barré et rem-placé par « enlevé ».
T. i.
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