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1 (1932)
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323
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PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 323

jour très sombre la situation de nos alliés, je le fis prévenirdes ordres donnés au général Lanrezac , qui avaient pourbut de permettre à larmée anglaise dexécuter son repliméthodiquement ; en outre, jenvoyai le lieutenant-colo-nel Brécard à Noyon , accompagné du major Clive, agentde liaison de larmée britannique auprès de moi, avecmission de se renseigner sur la situation et de donner aumaréchal French lassurance de notre concours.

Brécard était à peine parti que le colonel Huguet metéléphona. Il venait de voir le maréchal French et luiavait fait part des instructions données à Lanrezac . Frenchlui avait répondu quun sentiment damertume et de regretne manquerait pas de sélever en Angleterre , lorsquon yconnaîtrait les conditions dans lesquelles larmée britan-nique avait pris contact avec lennemi. Le maréchal sug-gérait quun télégramme envoyé par moi et reconnaissantles grands services rendus à la cause commune par lar-mée anglaise serait de nature à calmer cet état desprit.

Je mempressai de donner satisfaction à ce désir enexprimant au maréchal French la gratitude de larméefrançaise pour laide courageuse que ses troupes avaientdonnée aux nôtres.

Cependant, Lanrezac , au reçu de mes instructions dumatin, me fit connaître quil arrêterait ses troupes à hauteurde Yervins, et se tiendrait prêt à attaquer tout ennemiqui déboucherait au sud de lOise. Je pouvais donc envi-sager que la marche ennemie contre les Anglais en seraitralentie, et que ceux-ci en profiteraient pour sarrêter,lorsque, vers 14 heures, jappris que nos Alliés évacuaientSaint-Quentin pour se replier vers le sud. Ainsi, ils décou-vraient la gauche de Lanrezac au moment ce derniersapprêtait à contre-attaquer et ils le mettaient dans unesituation délicate. Je demandai confirmation de ce ren-seignement, et je fis insister auprès du maréchal Frenchpour quil ralentît la retraite de son armée ; je représentaitous les inconvénients de cette manœuvre dans les cir-constances présentes, et je fis valoir que la situation denos alliés nétait nullement critique puisque nous avions