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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

deux divisions de réserve à Bertincourt et Bapaume , toutle corps de cavalerie Sordet en avant, et que de nouvellesforces débarquaient dans la région de Chaulnes. Il étaitnécessaire de marquer un temps darrêt pour permettreà la contre-attaque de la 5° armée de se produire ; cettecontre-attaque ne manquerait pas de soulager la pressionqui sexerçait contre les Anglais .

Sur ces entrefaites, je reçus la visite du général Mau-noury convoqué au grand quartier général pour y prendreles instructions relatives à larmée dont il allait prendrele commandement dans la région dAmiens . Je lui pres-crivis de disposer ses forces de façon à pouvoir, lorsquellesseraient réunies, agir offensivement sur laile droite enne-mie, couvrant ainsi le flanc gauche de larmée anglaiseque jespérais voir sarrêter sur le front Ham-Tergnier ;je lui indiquai, en outre, quultérieurement, la reprisede loffensive commencerait par la 6 e armée, afin damorcerlenveloppement de laile droite ennemie (1). Il fut entenduque le quartier général de la 6 e armée serait initialementfixé à Moreuil.

A peine Maunoury mavait-il quitté, emportant mesinstructions, que de graves nouvelles vinrent me fairecraindre que tout ce que javais conçu et préparé pour labataille Amiens-Laon-Reims, était près de seffondrer. Vers18 heures, Huguet me rendait compte de larrivée dunedivision de cavalerie allemande à Péronne ( 2) et qualifiaitla situation « dextrêmement grave » ; on pouvait craindreque la retraite de larmée ne se transforme en déroute.De son côté, le lieutenant-colonel Brécard rentrait versle même moment de Noyon et mapportait des nouvellesassez pessimistes ; la veille, quatre corps darmée allemandsavaient livré bataille à nos alliés, et dans la soirée, vers18 heures, ceux-ci avaient subi une coûteuse défaite :deux divisions sur cinq étaient presque anéanties, et les

(1) Instruction particulière n° 19 remise au général Maunourydans laprès-midi du 27, lors de son passage au G. Q. G.

(2) Ce renseignement fut reconnu erroné dans la suite.