PRÉPARATION DE LA RATAILLE DE LA MARNE 325
autres étaient en assez médiocre état. Le général Wilsonavait affirmé à Brécard que, pendant huit jours, les troupesanglaises seraient hors d’état de se battre, et le comman-dement britannique n’avait plus qu’un souci : s’écoulervers Compiègne pour gagner du champ et se refaire.
Ainsi, au moment, où je voyais dans mes conceptionsles Anglais vers Ham, ceux-ci avaient déjà les yeux tournésvers Compiègne . La situation devenait particulièrementangoissante. Il m’apparaissait comme impossible de comp-ter sur le concours des Anglais pour gagner le tempsnécessaire à la constitution de la 6 e armée. Serait-il mêmepossible au reste du front de sa maintenir? Faudrait-ilrenoncer à défendre la ligne de l’Aisne? Et une questionimmédiate se posait : quelles allaient être les conséquencesde la retraite anglaise sur l’attitude de la 5 e armée? Onse souvient que le matin même, je lui avais prescrit decontre-attaquer vers le nord. Voici que son flanc gauchese trouvait maintenant entièrement découvert.
Dans le même temps, un radio allemand interceptépermit d’apprendre que la I re armée allemande agirait iso-lément pendant que la II 0 investirait Maubeuge (1). Ilsemblait donc probable que sur le front même de la 5 e arméefrançaise la poussée ennemie allait considérablement seralentir. Dès lors, il deA^enait inutile d’envisager une actiondes troupes de Lanrezac vers le nord, tandis qu’une offen-sive dirigée vers le nord-ouest aurait l’avantage de ralentirla marche des éléments de poursuite lancés contre lesAnglais . A tous points de vue, l’opération me parut né-cessaire et possible.
Aussi, vers 19 heures, je me décidai à modifier les ordresprécédemment donnés à Lanrezac , et je lui télégraphiaiqu’en raison des renseignements indiquant qu’une partiedes forces qui lui étaient opposées étaient restées devantMaubeuge , il ait à porter dès le lendemain matin sa gaucheentre l’Oise et Saint-Quentin ; il dcA r ait attaquer toutes
(1) Compte-rendu de renseignements n° 63 du 27 août 1914,18 heures, du 2° bureau du G. Q. G.