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1 (1932)
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329
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PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 329

card, jai fait connaître au général Sordet que sa mission con-siste à assurer ce service jusquà ce que larmée anglaise soit encomplète sécurité derrière la Somme, puis à se maintenir dansla région do Saint-Quentin jusquà ce quil ait reçu vos instruc-tions.

Il nest pas encore possible de préciser, pour le moment,et dans quelles conditions sexécutera la reconstitution de cettearmée ; mais, il se pourrait que le gouvernement anglais exigeâtquelle soit tout entière reportée sur sa base du Havre, jusquaumoment, refaite, reposée et réorganisée, elle serait en étatde reprendre campagne. Il ne fait dailleurs aucun doute quecet arrêt ne sera que momentané ; la volonté reste tout aussiferme et encore plus inébranlable que par le passé, dentrer ànouveau en action aussitôt quil sera possible.

Il ny a donc plus à compter sur larmée anglaise pour quelquetemps ; il est évident que, dans ces conditions, la tactique den-veloppement qui sest réalisée depuis huit jours et a amené surlaile gauche de notre ligne une masse suffisante pour laccabler,va se poursuivre et sexécuter dans des conditions dautantplus faciles que notre ligne sera moins étendue. La gauche dugénéral Lanrezac , constituée par des divisions de réserve et le18 e corps darmée, paraît donc devoir être dans quelques jourstrès sérieusement menacée, et le mouvement continuera ainsià sétendre de la gauche à la droite.

Le seul moyen de faire face à une menace aussi certaine etaussi dangereuse semble être de constituer sur notre gaucheune nouvelle et très forte armée composée de tous les corpsactifs quil sera possible de reprendre sur le reste de notre ligne(au sacrifice même de la sécurité de certaines parties du terri-toire) pour reporter tout notre effort sur notre gauche. Cestque la décision va se jouer dans un délai très rapproché. Le lieu-tenant-colonel Brécard a eu, ce matin, à ce sujet avec le généralWilson, un entretien des plus instructifs et des plus concluants,dont il vous aura déjà rendu compte lorsque vous recevrezcette lettre, et dont je crois de mon devoir de vous signalerle très grand intérêt quil présente.

Je ne dissimulai pas à M. Millerand la gravité de la si-tuation de notre aile gauche ; je lui dis que la manœuvreprojetée sur la ligne Amiens, La Fère, Laon, Craonne etlAisne allait se trouver compromise ; létat de larmée