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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

En conséquence, je donnai au général Berthelot, quirestait au grand quartier général pendant mon absence,lordre de convoquer durgence le général Foch , com-mandant le 20 e corps darmée, pour recevoir communica-tion de la mission que je voulais lui confier (1), et de pres-crire au général de Langle de commencer sans tarder lemouvement de repli que je lui avais ordonné par lInstruc-tion du 25 août, lui enjoignant de se reporter en arrièrede lAisne

Jarrivai à Marie vers 8 h. 30. Dès que je vis Lanrezac, je fus frappé de son état physique : il portait sur son visagedes marques de fatigue ; teint jaune, yeux injectés. Toutde suite, avec des gestes qui traduisaient son état nerveux,il mobjecta aux ordres quil avait reçus la veille, la fatiguede ses troupes et la menace que lennemi allait faire pesersur lui dans la direction du nord. Je lui expliquai à nouveaula situation des Anglais quil ne pouvait ignorer, et luisignifiai quil était de toute nécessité, en raison des cir-constances, dattaquer en direction de Saint-Quentin. Leton de la conversation sétant élevé, je dus rappeler à Lan-rezac que les griefs du maréchal French vis-à-vis de larméefrançaise lui étaient surtout imputables : sur la Sambre,il sétait retiré au moment ou French lui avait fait con-naître quil attaquait, et lavant-veille encore, il avait laisséécraser les Anglais sans leur porter secours.

A bout darguments, Lanrezac en vint à me dire quilnavait pas reçu dordre écrit lui prescrivant dattaquer ;je dis alors à Gamelin, qui mavait accompagné, den rédigerun immédiatement : sur le coin dune table, avec le généralHély dOissel, chef détat-major de la 5 e armée, celui-cirédigea lordre suivant que je signai : « La 5° armée atta-quera le plus tôt possible les forces qui se sont engagéeshier contre les Anglais. Elle se couvrira à droite avec le

(1) En convoquant Foch au G. Q. G. je lui prescrivis dameneravec lui le colonel Weygand, que je voulais lui donner comme chefdétat-major. Weygand sétait fait remarquer peu avant la guerreau centre des hautes études militaires comme un officier hors depair.