Druckschrift 
1 (1932)
Entstehung
Seite
335
Einzelbild herunterladen
 

PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 335

si nécessaire. Si ultérieurement, larmée française est vic-torieuse, le maréchal mettra ses troupes à votre disposi-tion comme réserve. »

Peu après, un coup de téléphone de la 6 e armée, confirméun instant plus tard par le commandant Maurin, qui assu-rait la liaison entre Maunoury et le grand quartier généralmapprenait quon ignorait ce quétaient devenues les61° et 62 e divisions de réserve, et que le général Ebenerdésigné pour en prendre le commandement les avait vai-nement cherchées toute la journée; il supposait quellesavaient se replier sur Amiens devant des colonnes enne-mies signalées marchant de lest vers louest, dans larégion de Péronne, d on entendait venir le bruit duneforte canonnade. Vers minuit, en effet, nous apprenionsque la 61 e division de réserve avait été refoulée sur Amiens ; on continuait à être sans nouvelles de la 62 e .

Ainsi, non seulement le front défensif de la Sommenétait pas tenu, mais encore la zone, de débarquement dela 6° armée paraissait devoir être à bref délai sérieuse-ment menacée par lavance ennemie. Dans létat actueldes choses je ne pouvais espérer une modification heureusede la situation que par le succès de la 5 e armée. Aussi,éprouvai-je le besoin dinsister encore auprès du généralLanrezac pour que laction de son armée fût aussi éner-gique que possible.

Durant cet après-midi du 28, javais fait mes effortspour stabiliser la situation de notre gauche et préparerloffensive de la 5° armée, javais eu à me préoccuper de lamenace qui se préparait dans la région de Rocroi contrela gauche de la 4 e armée. Mais, alors que javais été obligédinsister à plusieurs reprises auprès du général Lanrezac pour lamener à faire tête à lennemi, le général de Langle,ardent et résolu, sentêtait à ne pas vouloir abandonner leterrain à lennemi. Sous sa tenace direction, la 4 e armée,après avoir lutté sur toutes les coupures du terrain,défendait opiniâtrément les positions de la Meuse ; elleavait fait payer cher à lennemi les quelques avances quilavait réalisées sur la rive gauche.