PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 337
de sa première mission offensive, était devenue trop lourdepour la manoeuvre que nous allions entreprendre. Pourl’alléger, je décidai de constituer avec la gauche de cettearmée (9° et 11 e corps d’armée, 52 e et 60 e divisions deréserve et 9 e division de cavalerie) un groupement auxordres du général Foch, qui relèverait du général com-mandant la 4 e armée. Il fut entendu que ce groupementcouvrirait éventuellement le gros de l’armée de Langlecontre les forces adverses qui déboucheraient de la régionde Rocroi et assurerait la liaison entre la 4 e et la 5 e armées.
Enfin, restait à régler l’attitude des l re et 2 e armées.Celles-ci, hâtivement remises en ordre, avaient, le matinmême, repris l’offensive. Vers la fin de l’après-midi, legénéral de Castelnau m’avait fait demander, sa propredroite et la gauche de la l re armée ayant été obligées dereculer, s’il s’agissait pour lui de « durer ou de continuerl’offensive »? Je lui fis télégraphier aussitôt ainsi qu’augénéral Dubail qu’il s’agissait uniquement pour leursdeux armées de « durer » tout en fixant les forces ennemiesqui leur étaient opposées et en restant liées entre elles.
En fait, jusqu’au 3 septembre, le front de ces deuxarmées ne changea plus guère. Le général Pau , dontl’armée avait été dissoute, passant dans l’après-midi augrand quartier général me confirma qu’en Haute-Alsace,on était à peu près parvenu à un état d’équilibre.
Ainsi, à la fin de cette journée du 28, la situation seprésentait assez favorablement sur la plus grande partiedu front, tandis qu’à gauche la constitution de la 6 e arméesemblait compromise.
L’offensive de la 5 e armée allait-elle, le lendemain,rétablir suffisamment nos affaires sur cette partie de notreligne de bataille pour autoriser l’espoir de livrer la batailledans la forme que je désirais? C’était le secret de demain.
Les dernières heures de la nuit du 28 au 29 août nousapportèrent encore de mauvaises nouvelles : il paraissaitque la I re armée allemande s’était avancée entre Péronneet Saint-Quentin. A Péronne , les forces françaises avaient
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T. I.