Druckschrift 
1 (1932)
Entstehung
Seite
340
Einzelbild herunterladen
 

340

MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

corps de cavalerie ; il lavait trouvé très fatigué : les élé-ments à cheval ne constituaient plus guère que la valeurdune seule division; quant aux bataillons de chasseursdu lieutenant-colonel Serret qui lui étaient adjoints, ilsavaient éprouvé la veille à Péronne un très grave échec ;il nen restait plus que des éléments épars. Heureusement,lattaque allemande sur la ligne de la Somme ne se mon-trait pas très mordante.

Avant de quitter Laon , je retournai au quartier généralde Lanrezac . Jy appris que la situation ne semblait passaméliorer, et il était à craindre que, par suite de lattaquequelle subissait dans la région de Guise , la 5 e armée nepuisse faire sentir son action du côté de Saint-Quentin, comme je le souhaitais.

En quittant Lanrezac, je me rendis par Soissons auchâteau de Compiègne French avait transporté sonquartier général. Javais le désir de rencontrer à nouveaule commandant en chef de larmée britannique. Le bruitmétait revenu que lui-même et son gouvernement tour-naient leurs regards vers leurs bases maritimes, et jeredoutais que, dans son désir de sen rapprocher, le maré-chal ne quittât pour longtemps notre ligne de bataille,ce qui aurait rendu toute reprise doffensive impossible.Jexposai donc à French la situation générale de notreaile gauche, et plus particulièrement celle de la gauchede la 5 e armée les divisions de réserve du général Vala-brègue se trouvaient dans une position difficile. Je luireprésentai lintérêt quil y avait à ce que larmée anglaisemaintînt le contact avec ces deux voisines, afin déviterlouverture dune brèche dans la ligne de bataille alliéeJinsistai sur les résultats que nallait pas manquer deproduire loffensive russe, en obligeant les Allemands àretirer de notre front une partie des forces quils y avaientengagées. Dans ces conditions, ajoutais-je, la pressionennemie nallait pas tarder à devenir moins forte sur notrefront. Si donc, les Anglais pouvaient se maintenir à notrehauteur jusquau moment la 6° armée serait définitive-ment constituée, nul doute que les circonstances ne