Druckschrift 
1 (1932)
Entstehung
Seite
345
Einzelbild herunterladen
 

PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 345

à confier le commandement de cette armée au généralSarrail qui venait, dans le commandement du 6° corps,de se révéler comme un chef calme et énergique. Quantà Grossetti, pensant quil rendrait plus de services à latête dune division, je me proposais de le remplacer parle colonel Leboucq, sous-chef détat-major de cette armée,que je tenais pour un officier de grande valeur. Je remis aulendemain la décision définitive, après que jaurais pu merendre compte sur place de la nécessité de ces changements.

Enfin, dans cette nuit du 29 au 30 août, une autrequestion vint se poser à mon esprit : celle du déplacementde mon quartier général. Quels que fussent les événementsà venir, étant donné le recul de nos armées du centreet de gauche, il était évident que Vitry allait devenirincommode pour mes relations avec les quartiers générauxdarmées. Je prescrivis donc que des recherches fussentfaites sans délai à Bar-sur-Aube . On ne doit pas oublier,en effet, que la mise en état des communications élec-triques dun organisme tel quun grand quartier généralexige un aménagement très important des réseaux exis-tants. Cette nouvelle répandue, malgré les précautionsprises, dans tout le personnel de létat-major, accentualénervement que je constatais autour de moi. Rares étaientles officiers qui, au grand quartier général, avaient suconserver leur calme et leur sang-froid. On passait, aumilieu de ces événements qui se déroulaient si vite, parde telles alternatives despoir et de découragement, queles nerfs de chacun étaient mis à une rude épreuve.Linaltérable optimisme de Berthelot tranchait heureuse-ment sur linquiétude et la nervosité générales.

30 août. Le 30 août au matin, la situation se pré-sentait à mes yeux de la manière suivante :

La Somme avait été franchie par lennemi en amontdAmiens ; une partie de la I re armée allemandeétait signalée près de Chaulnes, Lihons et Rozières ; la6° armée française, en pleins débarquements, avaitse replier derrière lAvre ; larmée Lanrezac avait re-