à confier le commandement de cette armée au généralSarrail qui venait, dans le commandement du 6° corps,de se révéler comme un chef calme et énergique. Quantà Grossetti, pensant qu’il rendrait plus de services à latête d’une division, je me proposais de le remplacer parle colonel Leboucq, sous-chef d’état-major de cette armée,que je tenais pour un officier de grande valeur. Je remis aulendemain la décision définitive, après que j’aurais pu merendre compte sur place de la nécessité de ces changements.
Enfin, dans cette nuit du 29 au 30 août, une autrequestion vint se poser à mon esprit : celle du déplacementde mon quartier général. Quels que fussent les événementsà venir, étant donné le recul de nos armées du centreet de gauche, il était évident que Vitry allait devenirincommode pour mes relations avec les quartiers générauxd’armées. Je prescrivis donc que des recherches fussentfaites sans délai à Bar-sur-Aube . On ne doit pas oublier,en effet, que la mise en état des communications élec-triques d’un organisme tel qu’un grand quartier généralexige un aménagement très important des réseaux exis-tants. Cette nouvelle répandue, malgré les précautionsprises, dans tout le personnel de l’état-major, accentual’énervement que je constatais autour de moi. Rares étaientles officiers qui, au grand quartier général, avaient suconserver leur calme et leur sang-froid. On passait, aumilieu de ces événements qui se déroulaient si vite, parde telles alternatives d’espoir et de découragement, queles nerfs de chacun étaient mis à une rude épreuve.L’inaltérable optimisme de Berthelot tranchait heureuse-ment sur l’inquiétude et la nervosité générales.
30 août. — Le 30 août au matin, la situation se pré-sentait à mes yeux de la manière suivante :
La Somme avait été franchie par l’ennemi en amontd’Amiens ; une partie de la I re armée allemandeétait signalée près de Chaulnes, Lihons et Rozières ; la6° armée française, en pleins débarquements, avait dûse replier derrière l’Avre ; l’armée Lanrezac avait dû re-