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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

cevoir lordre de se reporter derrière la Serre, en raisonde la situation dangereuse dans laquelle lavait laisséela retraite anglaise. Enfin, à la suite de mon entrevue delaprès-midi du 29 avec le maréchal French, je ne conservaisplus despoir de maintenir nos alliés sur la ligne de batailleprévue ; ils se préparaient à se retirer à hauteur de Com-piègne et de Soissons , créant ainsi entre notre 6 e arméeen formation et notre 5 e armée un hiatus des plus dange-reux. Dailleurs, si javais pu encore conserver à ce sujetquelques illusions, le maréchal French se chargea lui-même de les détruire, en me faisant savoir au début delaprès-midi du 30 que larmée anglaise nétait pas enétat de prendre place en première ligne avant dix jours.

De toute évidence, la bataille offensive que javais conçuele 25 nétait plus possible dans la forme je lavaisenvisagée. Il ne semblait plus, pour le moment, que lonpût opposer à laile droite allemande des forces suffisantespour arrêter un mouvement enveloppant qui devait logi-quement amener nos ennemis jusquà Paris.

Mais il semblait possible de réaliser un dispositif faisantface, dans son ensemble, au N. N.-O, et permettant derenouveler dans des conditions plus favorables la rup-ture des communications de laile droite allemande; endautres termes, il sagissait de rééditer la manœuvre ini-tiale que nous avions tentée face au N.-E. en débou-chant de la Meuse. Le général Berthelot se montrait trèspartisan de cette manœuvre, et après en avoir longuementdiscuté avec lui, je chargeai le colonel Pont, chef du3° Bureau, den étudier la préparation. Voici le texteintégral du mémoire quil établit en conséquence :

GRAND QUARTIER GÉNÉRAL

DES ARMÉES DE LEST

État-major A Vilry, le 30 août 1914.

3 e bureau

MÉMOIRE

Les mouvements à effectuer ultérieurement par nosarmées doivent nous permettre :