PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 351
de la 4 e . Le matin, ce dernier m’avait fait connaitre qu’ilne pourrait continuer son mouvement de repli sans porteratteinte au moral de ses troupes qui ne demandaient qu’àcombattre ; il m’annonçait qu’il comptait repartir de sespositions actuelles pour reprendre l’offensive vers le nord.Au cours de notre entrevue de l’après-midi, je l’autorisaià mener cette action d’accord avec celle que préparait la3 e armée au nord-ouest de Nouart. Cette attitude offensivedevait, dans mon esprit, contribuer à soulager celle dugénéral Foch engagé à la gauche de la 4 e armée contre desforces importantes.
La conduite des armées n’était pas la seule questionqui s’imposait à ce moment à mes préoccupations.
Il y avait d’abord la question de Paris.
Dans la matinée, déjà, le général Galliéni avait téléphonéà Vitry-le-François pour exposer la situation du campretranché, et demander que des troupes actives fussentmises à sa disposition pour la défense de la capitale. Jelui fis répondre que mon intention était de diriger sur Paris la 6° armée, composée surtout de formations de réserve,auxquelles viendrait s’adjoindre éventuellement un corpsd’armée prélevé sur la 5 6 armée.
Peu après mon départ pour Varennes, le colonel Pénelon,de la maison militaire du président de la République etagent de liaison entre le gouvernement et moi, arrivait àVitry chargé par M. Millerand d’attirer mon attention surl’opportunité de doter le camp retranché de Paris d’unequantité suffisante de troupes actives. En outre, il avaitmission de connaître mon opinion sur l’éventualité d’untransfert du siège du gouvernement à Bordeaux . A monretour au grand quartier général, je reçus de M. Millerandun appel téléphonique : après l’avoir mis au courant de lasituation et lui avoir fait connaître ma décision de faireretraiter nos forces, je ne lui cachai pas que Paris étaitsérieusement menacé, et que, dans ces conditions, pouren faciliter la défense et n’apporter nulle entrave à la ma-nœuvre, je ne voyais que des avantages au départ dugouvernement pour Bordeaux . Je l’avisai, en outre, que