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1 (1932)
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383
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PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 383

Mon but, en répondant ainsi, était de ne pas modifierprématurément la manœuvre en cours ; ma décision nétait,en effet, pas encore mûre. Je ne pouvais manquer dattacherà certaines objections de Berthelot quelque importance,tout spécialement en ce qui concernait la possibilité de de-mander à la 5° armée de faire demi-tour en rase campagnepour partir à lattaque. Je décidai donc de consulter Fran-chet dEsperey par télégramme : « Circonstances sonttelles, lui disais-je, quil pourrait être avantageux livrerbataille demain ou après-demain avec toutes les forcesde la 5 e armée, de concert avec larmée anglaise et lesforces mobiles de Paris contre I re et II e armées alle-mandes. Prière faire connaître si vous estimez votre arméeen état de le faire avec chance de réussite (1). »

En même temps, jenvoyai le lieutenant-colonel Paquetteau général Foch pour le mettre au courant de la situationgénérale quil ignorait, et lui demander quelles étaient sespossibilités.

Outre lincertitude dans laquelle jétais de pouvoir de-mander à la 5 e armée un retour offensif, une autre circons-tance minclinait à réserver encore ma décision : cétaitlattitude de larmée anglaise. Galliéni avait semblé, enproposant de la faire appuyer sur Montereau , admettrequelle ne participerait pas à laction ; je ne pouvais accepterune telle hypothèse. Pourtant, vers le milieu de la journée,je fus avisé par Huguet que, sous linfluence des conseils deprudence que lui donnait son chef détat-major le généralMurray, French, très désireux, la veille, de marcher verslest, avait modifié ses décisions ; ses troupes devaient avoirrepos le 4, et se tenir prêtes à reprendre la retraite pour alleren trois étapes derrière la Seine .

Laprès-midi se passa dans lattente des réponses quejavais sollicitées de Foch et de Franchet dEsperey . Ilfaisait une chaleur écrasante. Et nous songions tous aux

quà 14 h. 50, cest-à-dire après le départ du général Galliéni pourMelun . Celui-ci nen eut connaissance que le soir, à son retour àParis , vers 19 h. 30.

(1) Télégramme n° 3704 du 4 septembre, 12 h. 45, à la 5 e armée.