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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

souffrances endurées par les troupes, et nous nous deman-dions si elles seraient en état daccomplir les manoeuvresque nous envisagions.

Vers 14 heures, nous reçûmes un renseignement qui nousfaisait prévoir que le corps de cavalerie couvrant lailegauche de la 5 e armée allait être obligé, sous la pressionde trois colonnes allemandes de toutes armes qui avaienttraversé la Marne à Château-Thierry et en aval, de repasserau sud du Petit-Morin. Ce renseignement nous conduisaità penser que, même si la bataille pouvait être envisagéeà brève échéance, ce ne serait pas sur la rive nord de laMarne quil y aurait lieu de chercher laile droite ennemie,mais sur la rive sud.

Dautre part, comme la décision à prendre au sujet dela forme à donner à la bataille dépendait essentiellementde la réponse que nous recevrions de Franchet dEsperey, il nous sembla que la menace denveloppement dirigéecontre sa gauche allait diminuer les possibilités de cettearmée. Il nen fallait pas tant pour que Berthelot ne re-vienne à la charge pour me représenter lintérêt de la ma-noeuvre qui avait ses préférences : lattaque centrale endirection du nord-ouest. Il me proposa, en tout cas, pourpréparer la bataille prochaine, de modifier lordre de ba-taille ainsi que les limites des zones daction de la 4 e armée.Il était 15 h. 30 environ lorsque je signai lInstructiongénérale n° 5 qui fixait ces diverses modifications, en mêmetemps quelle prescrivait à la 3 e armée de se maintenirsur le flanc de lennemi, pour être en mesure à tout instantde repasser à loffensive face au nord-ouest. Quelle que fûtla décision prise, soit que je décidasse la bataille immé-diate, soit que je prisse, au reçu de la réponse delà 5 e armée,la résolution de retarder de cinq ou six jours le momentde laction décisive, cette modification aux zones daction,et cette orientation donnée à la 3 e armée étaient utiles.

Ce fut également dans le courant de cet après-midique je pris la décision de reporter dès le lendemain monquartier général encore une fois plus en arrière : Bardevenait, en effet, trop voisin du front pour la facilité