PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 385
de mes communications. Je choisis Châtillon-sur-Seine.
Cependant, tous les renseignements de la journée con-cordaient pour établir nettement que la I re armée allemandenégligeant Paris et les forces de Maunoury devant les-quelles rien ne se montrait, continuait sa marche vers laMarne, en amont de la Ferté-sous-Jouarre. Il pouvait êtrealors 16 heures. Je venais de recevoir un télégramme ducolonel Huguet : il me faisait connaître que, ainsi que jel’avais demandé à Galliéni dans ma lettre de la nuit du3 au 4 septembre, le gouverneur de Paris était allé voirFrench et l’avait mis au courant de mon ordre lui prescri-vant de porter la 6 e armée vers l’est. French avait réponduà Galliéni qu’il resterait sur sa position actuelle au sud dela Marne le plus longtemps possible, prêt à coopérer soitavec la 5 e soit avec la 6 e armée, soit avec toutes les deuxensemble, selon que la situation l’exigerait. Huguet mefaisait également connaître que French devait rencontrerFranchet d’Esperey à 15 heures ; les positions des corpsd’armée anglais devaient être modifiées pour permettreà l’armée de se porter en avant vers l’est.
Ce télégramme eut une influence très grande sur mesdécisions : il arrivait dans l’atmosphère inquiète de cetaprès-midi du 4 où j’attendais anxieusement une réponsede Franchet d’Esperey pour prendre une décision défini-tive. Tandis que Berthelot, pendant ces heures d’attente,continuait de défendre avec persistance son point devue, ce message m’apportait la preuve que Galliéni étaitparvenu à convaincre les Anglais de participer à la bataille,comme je le lui avais demandé ; en outre, il me permettaitde croire que Franchet d’Esperey devant l’entente réaliséeentre Galliéni et French, se rallierait à cette manoeuvre,comme Foch, dont la réponse venait d’arriver et qui sedéclarait prêt à attaquer.
Cependant, la nuit s’avançait, et j’avais hâte de décider.Une nouvelle fois, je mandai Belin et Berthelot dans monbureau où se trouvaient déjà les trois officiers de moncabinet : Gamelin, de Galbert et Muller. J’invitai le major-général et son aide-major à me donner encore une fois
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T. I.