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« Il faut qu’elle borde l’Ourcq demain 5 septembre,sinon les Anglais ne marcheront pas.
« 2° Mon armée peut se battre le 6, mais n’est pas dansune situation brillante ; il ne faut faire nul fond sur lestrois divisions de réserve.
« En outre, il serait bon que le détachement Foch par-ticipe à l’action d’une façon énergique, direction Mont-mort.
« Bray, 4 septembre 16 h. 45 . »
Ces deux réponses si complètes me comblèrent de joie.Elles font le plus grand honneur à leur auteur. Franchetd’Esperey venait de prendre, il y avait à peine vingt-quatre heures, le commandement d’une armée en retraite,passablement flottante. On pouvait redouter que la capa-cité combattive de cette armée, affaiblie par les terribleschaleurs de cet été, ne fût considérablement diminuée.Avec une audace intelligente qui ne se trouve que dansl’âme des vrais chefs de guerre, comprenant admirable-ment la situation, Franchet d’Esperey n’hésitait pas àrépondre « oui » à une question qui en eût fait reculerbeaucoup d’autres. Je ne pouvais m’empêcher de penserque si son prédécesseur eût été encore à la tête de la5 e armée, la réponse que j’aurais reçue aurait été très pro-bablement différente. En outre, l’initiative du nouveaucommandant de la 5 e armée était parvenue à rétablir àl’entrevue de Bray l’entente entre son armée et les Bri-tanniques. Le rôle de Franchet d’Esperey dans la journéedu 4 septembre 1914 mérite d’être souligné devant l’his-toire : c’est lui qui a rendu possible la bataille de la Marne.
Puisque l’entente entre le commandant de la 5° arméeet l’excellent représentant du maréchal French paraissaitcomplète, il semblait qu’il n’y avait pas un instant àperdre pour accepter les suggestions que contenaient lesdeux notes de Franchet d’Esperey; je n’avais nulleobjection à faire aux directions d’attaque sur lesquelleson s’était mis d’accord à Bray.