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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

« Il faut quelle borde lOurcq demain 5 septembre,sinon les Anglais ne marcheront pas.

« 2° Mon armée peut se battre le 6, mais nest pas dansune situation brillante ; il ne faut faire nul fond sur lestrois divisions de réserve.

« En outre, il serait bon que le détachement Foch par-ticipe à laction dune façon énergique, direction Mont-mort.

« Bray, 4 septembre 16 h. 45 . »

Ces deux réponses si complètes me comblèrent de joie.Elles font le plus grand honneur à leur auteur. FranchetdEsperey venait de prendre, il y avait à peine vingt-quatre heures, le commandement dune armée en retraite,passablement flottante. On pouvait redouter que la capa-cité combattive de cette armée, affaiblie par les terribleschaleurs de cet été, ne fût considérablement diminuée.Avec une audace intelligente qui ne se trouve que danslâme des vrais chefs de guerre, comprenant admirable-ment la situation, Franchet dEsperey nhésitait pas àrépondre « oui » à une question qui en eût fait reculerbeaucoup dautres. Je ne pouvais mempêcher de penserque si son prédécesseur eût été encore à la tête de la5 e armée, la réponse que jaurais reçue aurait été très pro-bablement différente. En outre, linitiative du nouveaucommandant de la 5 e armée était parvenue à rétablir àlentrevue de Bray lentente entre son armée et les Bri-tanniques. Le rôle de Franchet dEsperey dans la journéedu 4 septembre 1914 mérite dêtre souligné devant lhis-toire : cest lui qui a rendu possible la bataille de la Marne.

Puisque lentente entre le commandant de la 5° arméeet lexcellent représentant du maréchal French paraissaitcomplète, il semblait quil ny avait pas un instant àperdre pour accepter les suggestions que contenaient lesdeux notes de Franchet dEsperey; je navais nulleobjection à faire aux directions dattaque sur lesquelleson sétait mis daccord à Bray.