PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 389
Je chargeai donc Gamelin de reprendre le projet d’ordrequ’il avait rédigé avant le dîner, et de le modifier confor-mément aux propositions du général Franchet d’Esperey.
Gamelin était en train de rédiger le nouveau projet,quand on vint me prévenir que Galliéni me demandaitau téléphone. Ayant toujours eu peu de goût pour télé-phoner moi-même, je chargeai Belin d’aller à l’appareil.Mais, Galliéni insistant pour m’avoir moi-même au télé-phone, j’accompagnai le major général dans la cabinetéléphonique.
Le gouverneur de Paris venait de rentrer de son quartiergénéral. Il avait trouvé mon télégramme lui prescrivantde porter la 6 e armée sur la rive gauche de la Marne ausud de Lagny. Cette prescription venait modifier les ordresque Galliéni lui-même avait donnés à Maunoury pour lelendemain après-midi. Je le rassurai en lui faisant con-naître que, depuis l’envoi de mon télégramme de 13 heures,j’avais pris la résolution d’engager une offensive généraleà laquelle la 6 e armée devait participer; d’ailleurs, ajou-tais-je, les ordres étaient en confection, et prévoyaientl’action de l’armée Maunoury par la rive nord de la Marne comme le souhaitait Galliéni.
Après cette conversation téléphonique, je revins à monbureau. Gamelin et Berthelot achevaient la rédaction del’ordre : il était établi, selon mes intentions, pour la reprisede l’offensive le 7 septembre. Mais je songeai que, malgrémes préférences pour cette date, il convenait de l’avancerd’un jour, en raison des dispositions prises par Galliéni,qui faisaient prévoir une rencontre de la 6 e armée avecl’ennemi dès l’après-midi du 5 ; l’entrée en ligne de Mau-noury aurait dans doute pour effet de déceler notre ma-nœuvre, et, le 7, nous trouverions l’ennemi sur ses gardes.D’ailleurs Foch et Franchet d’Esperey avaient acceptéla date du 6. En faisant diligence, on pouvait expédierles ordres à temps pour permettre aux armées d’établir lesleurs en temps opportun. Je décidai donc que toutle monde partirait à l’offensive le 6 ; je fis en consé-quence, rectifier les dates, je signai la minute de l’ordre