PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 391
venir de ce que Wilson, très compréhensif, avait cru pou-voir s’engager au nom de son chef, tandis que ce dernierapportait un certain nombre de restrictions à sa coopé-ration : du compte-rendu de Brécard, il résultait que lesdeux ententes, celle de Bray entre Wilson et Franchetd’Esperey, et celle de Melun entre French et Galliénin’étaient pas identiques.
D’ailleurs, à peu près au même moment, un télégrammede Huguet m’annonçait qu’en raison des changementscontinuels dans la situation, le maréchal French préféraitl’étudier à nouveau avant de décider sur les opérationsultérieures. A n’en pas douter, il y avait un malentendu,et toute l’entente que je pouvais croire réalisée pour labataille maintenant décidée, était remise en question.
Il n’y avait qu’un parti à prendre, étant donné l’heuredéjà avancée de la nuit : envoyer un officier à Melun ,porteur de l’expédition de l’ordre destiné au maréchal,et qui expliquerait à celui-ci l’importance capitale quej’attachais à son adhésion à notre plan. Le commandantde Galbert, très au courant de mes intentions, fut désignépour cette mission. Il quitta le grand quartier généralau milieu de la nuit du 4 au 5 septembre, afin de se trouverau quartier général anglais à la pointe du jour.
5 septembre. — L’incertitude qui planait sur les réso-lutions anglaises était, à cette heure décisive, particu-lièrement angoissante. Je sentais qu’il fallait obtenir àtout prix le concours de l’armée anglaise. S’il m’étaitrefusé, je voyais fuir la victoire que j’entrevoyais. Lanécessité de nouveaux pourparlers me faisait redouterd’être encore une fois obligé de revenir sur la date queje m’étais fixée pour la reprise de l’offensive.
J’attendais impatiemment le retour de Galbert. Touten l’attendant, il me vint alors à l’idée de demanderl’appui diplomatique pour faire pression sur le maréchal et,malgré ma profonde répugnance à parler à l’avance de mesprojets d’opération, je résolus d’expliquer à M. Milleranddans le tact et la patriotisme duquel j’avais une si entière