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1 (1932)
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393
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PRÉPARATION DE LA BATAILLE DE LA MARNE 393

lieutenant-colonel Serret, le commandant Gamelin , monofficier dordonnance le capitaine Muller et le major Clive.

A Sens, nous fûmes arrêtés interminablement à unpassage à niveau ; cétaient les transports du 4 e corpsdarmée qui se poursuivaient lentement par suite de lem-bouteillage des lignes par les évacuations du gouverne-ment militaire de Paris. Nous nous arrêtâmes pour déjeuner.Le maire de la ville, le sénateur Cornet, apprenant monpassage vint me voir, fort ému par lavance des Allemands ;il me demanda sil convenait de commencer lévacuationdes habitants de la ville vers lintérieur. Je le rassurai,et lui annonçai que nos troupes navaient jusquici accom-pli quune longue manoeuvre en retraite, mais que main-tenant lheure était venue pour elles de faire demi-tour.Sens serait sauvegardée. Un peu rassuré, M. Cornet mequitta en me serrant les mains avec effusion. Puis, parFontainebleau, nous arrivâmes à Melun un peu avant14 heures.

Huguet nous attendait au grand quartier général bri-tannique. Il nous conduisit au château de Vaux-le-Pénil, nous trouvâmes le maréchal entouré dofficiers de sonétat-major, et en particulier du général Murray et dugénéral Wilson. Ceux-ci représentaient à mes yeux lesdeux tendances qui existaient dans le commandementanglais : Wilson celle qui nous était favorable, Muraycelle que je redoutais.

Je pris aussitôt la parole. Je mis toute mon âme àconvaincre le maréchal ; je lui dis que lheure était déci-sive et que nous ne pouvions la laisser passer : il fallaitaller à la bataille, toutes forces réunies et sans arrière-pensée. « En ce qui concerne larmée française, mes ordressont donnés, et quoi quil arrive, je suis décidé à jetermon dernier homme dans la balance pour remporter lavictoire et sauver la France au nom de qui je viens solli-citer de toutes mes forces le concours britannique. Je nepeux pas douter que larmée anglaise ne vienne prendresa part dans cette lutte suprême ; son abstention seraitsévèrement jugée par lhistoire. »