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1 (1932)
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LA BATAILLE DE LA MARNE

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les commandants darmée, ils ne connaissent quunefaible partie de laction ; les événements qui se déroulentdevant leur front prennent à leurs yeux un relief qui lesdéforme ; seul, par les vues densemble quil a sur labataille, le général en chef peut donner aux événementsleur valeur exacte. En outre, la situation se modifie cons-tamment ; seul le chef est à même de donner, à mesurequils se déroulent, les directives qui permettent dexploiterles événements.

La bataille de la Marne met en lumière ce que je viensde dire. Elle a commencé lorsque nous avons réussi à con-centrer autour de la droite allemande une masse qui nousdonnait sur cette partie du champ stratégique le doubleavantage de la supériorité numérique et de la position.Néanmoins si nous avions essayé dappliquer brutalementune formule denveloppement à tout prix qui nétaitdailleurs pas dans mon esprit, nous aurions fait le jeu delennemi. Mais nos moyens étaient tels, et notre systèmeétait assez souple pour que la réaction inévitable de len-nemi ne nous prît pas au dépourvu. Kluck na pu parerà la menace qui pesait sur sa droite, quen creusant entreson armée et celle de Bülow une brèche qui est allée ensagrandissant. Ainsi, la bataille de la Marne a, dès ledeuxième jour, revêtu le caractère dune action de rupturedu dispositif ennemi, rupture que le commandement suprêmeallemand na eu ni les moyens, ni le temps déviter.

Une pareille conception de la conduite de la bataille,*dans les conditions détendue des fronts de combat mo-dernes, implique non seulement une complète unité dedoctrine, mais encore des liaisons sûres et rapides entrele commandant en chef et ses subordonnés, au moyendu télégraphe et du téléphone, et aussi par lintermédiairedofficiers qui sont, à proprement parler, lémanation dela pensée et de la volonté du chef suprême. La mission quiincombait à ces officiers était, certes, délicate; on les aparfois accusés de sêtre donné des attributions qui dépas-saient leur grade. Il est possible que des erreurs aient étécommises par ces agents de liaison qui ont peut-être été

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T. I.