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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

lobjet de rancunes motivées par des disgrâces que jaiprononcer dans Viniérêt du pays.

Il nen reste pas moins que, pendant cette bataille, étantobligé de rester à mon poste (1) pour prendre à toute heuredu jour ou de la nuit les décisions que comportaient lescirconstances, jai pu commander à des armées dont ladroite sappuyait aux Vosges et dont la gauche, par lesdivisions du général dAmade, sétendait jusquà Rouen.

Avec le courage et la ténactité de nos armées, cest laméthode de commandement française qui a triomphé à laMarne.

Il ne rentre pas dans mon dessein de raconter la bataillede la Marne. Le récit en a déjà été fait maintes fois. Jeme bornerai à montrer dans les pages qui suivent quelley fut mon action.

Larmée Maunoury sétait établie, dès le 5 septembre,entre la forêt dErmenonville et la Marne, de Meaux àVer. Sa droite eut, dès ce jour-, quelques contacts aveclennemi, notamment à Penchard, Monthyon et Saint-Soupplets. Son objectif pour le 6 était lOurcq, de Lizy àNeufchelles. Mais elle se heurta aussitôt à une résistanceacharnée du IV e corps de réserve, soutenu peu après parle II e corps darmée, qui, ramené à marches forcées deCoulommiers , cherchait à déborder notre gauche par Ëta-vigny. Le soir du 6, la 6 e armée était arrêtée sur le frontChambry, Marcilly, Puisieux, Betz, cest-à-dire quelleétait encore loin de son premier objectif. Néanmoins, lespremiers résultats de lentrée en ligne de la 6 e armée netardèrent pas à mapparaître.

(1) Je me suis astreint pendant toute la bataille de la Marne , etpendant la phase délicate qui la suivie (exactement du 5 au 20 sep-tembre) à ne pas quitter mon quartier général. Je ne sortais de monbureau que pour faire tous les jours 2 à 3 kilomètres à pied pourprendre lair, pour prendre mes repas, et pour aller coucher chaquesoir au château « Marmont » que le colonel Maitre avait mis à madisposition.