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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

lerie allemande importantes, mais trop faibles néanmoinspour arrêter nos alliés.

Il sagissait donc, dune part, daccrocher avec la gauchede Franchet dEsperey la partie de la I re armée allemandequi lui faisait face, de pousser dans le vide que je viensdindiquer larmée anglaise en lui faisant franchir succes-sivement le Grand-Morin, le Petit-Morin et la Marne, touten accentuant, dautre part, le mouvement enveloppantde Maunoury, orienté non plus sur Château-Thierry, maisplus au nord sur la rive droite de lOurcq. Cest dans cetesprit que jadressai aux trois armées de gauche, dans laprès-midi du 7, une directive qui leur faisait connaître mes inten-tions (1).

Pendant ce temps, la bataille se présentait sous de moinsfavorables auspices à notre centre et à notre droite.

La gauche de larmée Foch solidement étayée par ladroite de Franchet dEsperey contenait dans la région Soizy-au-Bois, Mondement, tous les assauts de lennemi ; mais,par contre, sa droite cédait du terrain depuis le début dela bataille : elle perdait Fère-Champenoise, et se trouvait,le 8 au soir, sur la ligne Semoine, Gourgançon, Corroy,ce qui représentait un recul de douze kilomètres. Ce faitétait grave surtout parce quil augmentait lintervalle déjàgrand qui séparait la droite de Foch de la gauche de larméede Langle. Javais appelé, dès le 6, lattention du com-mandant de la 4 e armée sur la nécessité de conserver defortes réserves derrière sa gauche, pour être en mesure decontre-attaquer les forces ennemies qui chercheraient àdéborder laile droite de Foch. Cest dans ce but que javais

(1) Accessoirement, dans le but de mieux coordonner les actionsde la 6° armée qui séloignait de plus en plus de Paris, je fis envoyerle 7 au matin un télégramme au Gouverneur de Paris pour lui faireconnaître que jadresserais dorénavant mes ordres directement augénéral Maunoury. Un double de mes instructions à la 6 e arméedevait être envoyé au Gouverneur de Paris. Cette solution simpo-sait. Javais déjà été amené à plusieurs reprises, pour gagner dutemps, à envoyer des ordres directement au commandant de la6 e armée, notamment lOrdre général n° 6 du 4 septembre prescri-vant la reprise générale de loffensive.