LA CAMPAGNE D’AUTOMNE 435
Mon choix fut ici guidé par les considérations sui-vantes :
Tout d’abord, le general de Castelnau jouissait dansl’armée d’une réputation militaire justifiée : il était douéd’une vive intelligence, d’une culture militaire étendue ;il s’était tiré à son honneur des difficiles circonstancesdans lesquelles il s’était trouvé en août et au début deseptembre. Son énergie et son calme ne s’y étaient sansdoute pas montrés à hauteur de son intelligence lors desaffaires autour de Nancy , mais j’étais en droit de penserque dans la mission que j’allais lui confier, exigeant del’activité et un sens tactique développé, il saurait mettrepleinement en lumière les qualités manœuvrières que jelui reconnaissais.
D’autre part, les événements m’avaient peu à peu amenéà faire glisser la 2 e armée vers la Woëvre, et à resserrerson front. Placée maintenant en face du front sud deMetz, elle ne pouvait qu’y remplir une mission défensive.C’était cette armée qu’il m’était le plus facile de retirerde ma ligne de bataille. Je confiai la plus grande partiede son secteur au général Dubail, commandant la l re armée,et le reste au général Sarrail, commandant la 3 e . Et la2 e armée, au moment où elle renaissait en Picardie , le20 septembre, fut supprimée en Lorraine (1).
A l’origine, la nouvelle 2 e armée comprit :
Les deux corps de gauche de la 6 e armée : 4 e et 13 e corps ;
Le 14 e corps transporté par voie ferrée dans la région deClermont-Beauvais ;
Le 20 e corps transporté également par voie ferrée dans larégion Poix-Grandvillers ;
Le corps de cavalerie Conneau (l re , 3 e , 5 e et 10 e divisions decavalerie).
(1) L’Instruction particulière n° 30 supprima l’ancienne 2 e armée ;le Q. G., les éléments d’armée, et le 20 e corps furent transportés àl’ouest de l’Oise ; les éléments restant dans j’Est furent rattachéspartie à la l re armée, partie à la 3 e .