l’armée anglaise
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ment très supérieurs à ceux qu’elle possède actuellement.
L’augmentation de puissance dont va sous peu bénéficierl’armée anglaise par suite de l’arrivée des divisions 7 et 8, d’unedivision de cavalerie, de deux divisions des Indes et d’une divi-sion de cavalerie des Indes, justifie pleinement la demande dumaréchal.
Le commandant en chef partage à ce sujet cette manièrede voir et il est persuadé que si ce mouvement avait été possibleil aurait été très avantageux pour les armées alliées. Mais, jus-qu’ici, la situation générale n’a pas permis qu’il fût mis à exé-cution. Est-il possible actuellement d’en envisager la prochaineréalisation?
S. Exc. le maréchal French estime que le moment est main-tenant particulièrement favorable à son projet. Devant lefront de l’armée anglaise, comme d’ailleurs devant le frontdes 6 e , 9 e et 4 e armées, la situation est pour ainsi dire inchangée ;depuis près de quinze jours, les armées du centre se sont accro-chées au terrain sans progrès bien sensibles. Mais le comman-dant en chef croit devoir faire remarquer qu’il est loin d’enêtre de même aux ailes. En effet, à droite, la 3 e armée et unefraction de la l re , livrent depuis plusieurs jours, dans la régionde Saint-Mihiel , un combat opiniâtre dont l’issue n’est pasdouteuse, mais dont les résultats ne se sont pas encore faitsentir. A gauche, la 2 e armée, qui constitue aujourd’hui l’ex-trémité du dispositif, est soumise depuis trois jours à des at-taques furieuses qui montrent combien l’ennemi a d’intérêtà écraser notre aile. Cette armée constituera-t-elle toujoursla gauche des forces françaises? Il ne faut pas le penser, puisquela formation, à la date de ce jour, d’une fraction d’armée, amè-nera sans doute le commandant en chef à créer, là, une nou-velle armée. Les transports de forces nécessitées par la créationde cette armée, constituée avec des éléments prélevés sur lefront sans qu’il en résulte des trous dans nos lignes rendentforcément, pendant quelques jours, notre situation quelquepeu délicate : si le commandement français a envisagé la pos-sibilité de retirer du front un certain nombre de corps sansmodifier ce front, il n’a jamais songé à transporter une arméeentière dont l’enlèvement créerait un vide impossible à combler.
Depuis le 13 septembre, nous sommes à la bataille : il importeque pendant cette période de crise, qui aura une influenceconsidérable sur la suite des opérations, chacun conserve sasituation sans song.ir à la modifier, de façon à être prêt à toute