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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

général Wilson, sous-clief détat-major de larmée anglaise,assurer avec nos alliés britanniques une fructueuse liaison.

Vis-à-vis de larmée belge que le roi Albert commandaiten personne, ma situation ne manquait pas au premierabord dêtre assez délicate. Les difficultés saplanirentgrâce à la magnanime abnégation du roi. Il fut entenduque larmée belge resterait sur son territoire sous le com-mandement de Sa Majesté qui acceptait de recevoir mesdirectives au même titre que larmée anglaise.

Tout en respectant la liberté de larmée belge, jestimaiquil fallait y faire sentir une vigoureuse impulsion. Onme signalait le triste état dans lequel elle se trouvait. Laretraite dAnvers lavait soumise à une rude épreuve, aucours de laquelle elle avait eu limpression dêtre abandonnéepar ses alliés, ce qui nétait, certes pas, dans nos intentions.Il fallait au plus vite remonter ce courant et mettre larméebelge en état de coopérer à la manœuvre contre lailedroite allemande. Cette manœuvre, par lafflux des forcesalliées en Flandre, allait prendre une nouvelle ampleur,mais aussi elle allait, par lentrée en ligne de forces alle-mandes nouvelles (1), se hérisser de nouvelles difficultés.

Le 16 octobre, le général Pau vint me rendre compte desa mission. Larmée belge lui paraissait momentanémentincapable de tout effort. Il ne me cacha pas son impressionque si les hommes faisaient preuve de calme, de courage etdendurance, les cadres présentaient des lacunes comme ilarrive toujours aux armées qui viennent de fournir unelongue période de paix. Or, la Belgique était en paix avecses voisins depuis sa naissance, et dans cet heureux etriche pays, presque personne ne croyait à la guerre avantle mois daoût 1914.

Tous les renseignements qui marrivaient mavaient,avant le retour du général Pau , confirmé dans limpressionquil fallait agir sans tarder pour aider nos malheureux

(1) On sait que lennemi lança dans la bataille des Flandres, enoutre des forces quil ramenait des autres parties du front, descorps de nouvelle formation et les troupes que la chute dAnvers venait de rendre disponibles.