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alliés à surmonter cette crise. Pour établir avec eux uneliaison solide et durable, je décidai de détacher auprès del’état-major général belge une mission placée sous lesordres du colonel Brécart.
Le colonel Brécart était parti sans retard. Le 17 oc-tobre il revint de Fûmes me rendre compte de son instal-lation et de ses premiers contacts avec le commandementbelge. Lui aussi rapportait des impressions qui corrobo-raient celles du général Pau . Mais déjà les Belges seressaisissaient.
De son côté, le général Foch alla, sans tarder, prendrecontact avec l’armée belge . Accompagné par le colonel Bré-cart, il fut reçu, le 16 octobre, par le roi. Foch était émuet attristé de l’état dans lequel il venait de trouver l’arméealliée. Le roi, contraint à se retirer avec son armée et safamille dans le seul lambeau de la terre belge qui ne fûtpas aux mains de l’ennemi, portait sur son visage la tracedes angoisses qu’il venait de subir et des inquiétudes queparaissait lui réserver l’avenir. Au cours de l’entretien,Foch s’efforça de montrer au roi Albert les espoirs quidevaient nous soutenir et nous unir au cours des terriblesépreuves que nous allions avoir encore à supporter.
Tout en m’efforçant de coopérer à la remise en état del’armée belge , je me préoccupais de l’étayer solidement.Ce que je jugeais d’abord indispensable, c’était que laligne de l’Yser fût maintenue à tout prix.
A cet effet, je décidai d’organiser auprès de l’arméebelge , avec un groupe de divisions territoriales, toute lacavalerie, la garnison de Dunkerque et tous les renfortsque j’enverrais ultérieurement, un groupement que jeplaçai sous les ordres du général d’Urbal (1).
Dans le même ordre d’idées, j’avais télégraphié le 16 oc-tobre à lord Kitchener : « Maintenant que les opérations
(1) Ce groupement, dénommé Détachement d’armée de Belgiqueà la date du 20 octobre, fut transformé en 8 e armée à la date du16 novembre 1914.