BATAILLE D’YPRES
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de Messines que les Anglais perdirent, mais qu’ils reprirentaussitôt. Le 1 er novembre, les attaques se renouvelèrentavec une violence nouvelle. Les Anglais perdirent à nou-veau Messines, mais la situation s’améliora de nouveaule lendemain.
Ces coûteuses et stériles secousses que l’ennemi impri-mait à notre front montraient que la bataille était arrivéeà une période d’équilibre. Et il était à craindre que lecommandement allemand, se rendant compte de la vanitéde ses efforts, ne cherchât, par une soudaine tentativesur une autre partie du front, à masquer et à réparer l’échecqu’il venait de subir. Des embarquements en chemin de fersignalés à Ostende et à Thourout, une activité inaccou-tumée sur le front des l ro , 5 e et 6° armées vinrent me con-firmer dans cette intuition.
Aussi, le 4 novembre, j’adressai au général Foch unelettre dans laquelle je lui signalais l’intérêt de « reconstituerles réserves d’armée qui toutes ont été dirigées vers leNord, de manière à pouvoir enrayer si possible dès qu’ellesse produiront, les tentatives ennemies jusqu’au jour pro-chain où la situation de nos munitions nous permettra deprendre énergiquement l’offensive dans des régions con-venablement choisies ».
Les jours suivants, les opérations du général Foch eurentsurtout pour objet de consolider la situation autour d’Ypres. Néanmoins, le 6, les attaques allemandes redoublèrent deviolence au nord et au sud d’Ypres. Foch dut engager la39 e division du 20° corps que j’avais mise à sa disposition.Par télégramme du même jour (à 11 h. 30), je l’autorisai àdisposer du reste du 20° corps que j’avais placé en réserveà Aubigny, mais je lui prescrivis de « n’employer ces ré-serves qu’en cas de nécessité absolue et pour assurercoûte que coûte l’inviolabilité du front dans la régiond’Ypres ».
Le 10 novembre, bien qu’une accalmie se fût produiteles jours précédents, je décidai de porter d’urgence dansle Nord des renforts importants, en prélevant les réservesparticulières des diverses armées auxquelles il n’était