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1 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

rase campagne, et de lui imposer notre volonté. Une ter-rible guerre naissait à laquelle il allait falloir sadapterau plus vite. La création dun matériel puissant dartil-lerie simposait, doté de stocks de munitions devant lim-portance desquels limagination reculait. Dans cet ordredidées, on sait de quel point de départ nous partions. Lemodeste programme de munitions que javais demandéau ministre en un moment jespérais refouler lennemihors de chez nous par une manœuvre exécutée sur sonaile droite, savérait en retard. Le 17 novembre, le com-mandant Herbillon (1), arrivant de Bordeaux , me renditcompte que le ministre nétait en mesure de tenir aucunedes promesses relativement à la fabrication des munitionset quil nous faudrait encore attendre plus dun moisavant davoir ce sur quoi je comptais pour le début denovembre. Ce retard, on ne pouvait limputer à M. Mil-lerand dont lénergie métait connue, non plus quauxindustriels auxquels il avait fait appel. Mais pour mettreen train une fabrication aussi délicate que celle que lesévénements réclamaient, il fallait des machines, du mi-nerai, du charbon, des ouvriers. Les machines étaient àfabriquer, le minerai et le charbon étaient maintenant delautre côté des fils de fer, et les ouvriers étaient mobi-lisés.

Les Russes, dont je nai parlé jusquici que pour rap-peler limmense service quils nous rendirent au momentde la Marne, commençaient à faire sentir leur poids dansles opérations.

Le 6 novembre javais reçu un télégramme du grand-duc Nicolas Nicolaievitch annonçant une grande victoiresur les Autrichiens qui paraissaient en pleine déroute. Legénéralissime des armées russes pensait envoyer immédia-tement dans la haute vallée de la Theiss une douzainede divisions dinfanterie qui menaceraient Buda-Pesth.

(1) Le commandant Herbillon assurait la liaison entre le ministrede la Guerre et le G. Q. G.