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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
Il n’en reste pas moins, qu’à défaut de résultats décisifsqu’ils n’ont, en 1915, ni espéré ni recherché, les Allemands s’organisèrent pour faire face sur notre front à nos entre-prises. Forts de leur industrie intacte, de leur richesse enhouille, des ressources qu’ils tiraient des neutres, ils enta-mèrent un effort gigantesque parallèlement au nôtre pourdévelopper leur matériel, pour améliorer et renforcer leursorganisations défensives en face de nous. En définitive,la lutte sur le front franco-anglo-belge pendant l’année 1915apparaît comme une course entre notre matériel offensifchaque jour grandissant et les organisations défensivesallemandes de jour en jour plus solides.
L’année 1915 présente encore un autre caractère : laguerre localisée en 1914 sur le théâtre franco-belge, enPologne et en Serbie , s’étend dans la Méditerranée orien-tale. Je dirai dans quelles conditions ces théâtres se sontouverts, les uns à la demande de l’Entente, d’autres parla volonté de nos ennemis et quelle action, indirecte audébut, directe à la fin, j’eus à exercer pour y coordonnerles efforts dispersés de notre coalition.
Enfin, je terminerai cette partie de mes souvenirs parun bref aperçu de mes relations avec le gouvernementet les hommes politiques pendant cette année.