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2 (1932)
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vue densemble sur lannée 1915 3

de mes besoins et quels furent les progrès réalisés.

Si, pour nous, lavenir se présentait hérissé de problèmes,la situation des Allemands était, à mon sens, bien plus diffi-cile encore, et cest ce qui entretenait ma robuste con-fiance dans lavenir.

Soutenus par un allié qui donnait déjà des signes évidentsde lassitude, il sagissait pour eux de faire la guerre surdeux fronts. Profitant, il est vrai, dun réseau ferré trèsdense, que prolongeaient les chemins de fer de Belgique etdu nord de la France , il leur était possible de transporterun corps darmée dun théâtre sur lautre dans un délaiqui nexcédait pas vingt jours. Mais la question se posaitpour eux de savoir ils porteraient leur effort : contreleurs adversaires de lOuest dont ils venaient de mesurerla puissance? Ou contre leurs ennemis de lEst moins bienarmés, moins bien organisés, mais disposant à défautdautres ressources dun immense espace pour se rétabliren cas déchec? Il semble bien que le commandement alle-mand , en présence de cette alternative, nait pas déter-miné clairement la voie dans laquelle il convenait de sen-gager, et quil ait constamment hésité, même au temps il remportait sur les Russes de si impressionnantssuccès, à jouer son va-tout et à se lancer dans une offen-sive décisive. Il adopta, en 1915, une solution moyennequi consistait à rester avec le maximum de ses forces dansune attitude défensive à louest et à attaquer les Russesavec les moyens quil pouvait distraire sans danger dufront ouest, joints à ceux quil pouvait constituer avecses ressources. Une pareille solution porte, à mon avis,la marque dun commandement peu avide de résolutionsdécisives. Elle montre aussi que les efforts accomplis, pen-dant cette dure année 1915, par les Anglais et les Français,ne furent pas vains, puisque pendant toute cette annéenous gardâmes linitiative des opérations, et nous main-tînmes lennemi sous la menace constante de nos attaques.Cest ce qui ressortira du bref récit des actions franco-anglaises que je vais faire, en me bornant, à mon habi-tude, à préciser surtout quelle y fut ma part personnelle.