LES MUNITIONS
35
d’obus chargés en explosifs. Quant aux obus incendiaires,ils se révélèrent définitivement inefficaces.
D’autres expériences complémentaires effectuées àMaillyle 15 et le 29 décembre, il résulta que le 75 ne se prêtaitpas à l’utilisation de la collongite ; les gros calibres seuls pa-raissaient à retenir pour ce produit. Le 27 janvier 1916,le sous-secrétaire d’Etat me fit connaitre que des essaisallaient être faits avec la Vincennite à 50 pour 100 plusnocive que celle employée précédemment. De mon côté,je demandai le 31 janvier (1), qu’on déterminât un typed’obus toxique de 75, et qu’on étudiât le chargementen produits spéciaux des bombes de tranchées. Le sous-secrétaire d’État de l’artillerie fit immédiatement droità cette dernière demande, et le 29 février j’acceptai sonoffre de faire charger 10 000 bombes de 58 en produitlacrymogène (sulvinite).
Au début de mars (2), sur une question du sous-secré-taire d’État, je demandai qu’on chargeât par jour :
2 000 obus d’artillerie lourde (120 ou 155) pris de préfé-rence parmi ceux qui étaient impropres au chargement enexplosifs.
10 000 obus de 75 ; je rappelai, à ce sujet, l’urgenced’aboutir pour le 75 à la réalisation d’un type d’obustoxique.
Le 24 avril, le sous-secrétaire d’État me fit connaîtreles types définitifs d’obus spéciaux à employer, et lesrègles à suivre pour leur emploi. En ce qui concernait lesbombes, la question était traitée et résolue pour les mor-tiers de 58 ; les bombes de 240 ne paraissaient pas se prêterau chargement des produits spéciaux ; pour les bombesde 150, la solution était encore à l’étude.
En résumé :
La question des recherches, études et expériences rela-tives aux obus spéciaux était en avril 1916 pratiquementrésolue. Avant d’aboutir, il avait fallu passer par toutes
(1) Lettre n° 18602 du 31 janvier 1916.
(2) Lettre n° 5030 du 3 mars 1916.