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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE
Pétain de remettre les choses en ordre et de faire sentir sonaction, tout danger de perdre Verdun serait sans doutedéfinitivement écarté.
En effet, l’opération préparée par le commandementallemand pour enlever Verdun par une attaque brusquéeavait échoué. Toutes les troupes adverses amenées par lecommandement avaient été engagées et l’ennemi allaitêtre obligé de faire appel à de nouvelles forces pour menerla longue et dure bataille d’usure qui allait se prolongerjusqu’au moment où l’offensive russe d’abord, puis l’olîen-sive franco-britannique sur la Somme, obligeraient les Alle-mands à prendre devant Verdun une attitude défensive.De notre côté, pour donner toute initiative au général Pétain et permettre au général de Langle de se consacrer entiè-rement aux 4 e et 5 e armées devant lesquelles il semblaittoujours que l’ennemi se livrait à des préparatifs d’attaque,je décidai le 27 février de rattacher directement la 2 e arméeau grand quartier général ; la 3 e armée, dont l’action, sur-tout par sa droite, était intimement liée à celle de la 2 epassa à la même date aux ordres du général Pétain .
La bataille de Verdun offre une nouvelle preuve de l’im-portance du commandement dans toute affaire de guerre.En effet, c’est le 26 février que le général Pétain organisala 2 e armée en quatre groupements confiés aux mains éner-giques des généraux Bazelaire, Guillaumat, Balfourier etDucliêne. Or, dès le lendemain, l’ennemi reprenait sesattaques et par une violente action continuée dans la jour-née du 28, il cherchait à dégager le fort de Douaumontencerclé par nous. Mais, cette fois, nous repoussions sesattaques sur le bois du Chauffour et le village de Douau-mont et, à l’est du fort, sur le bois de la Caillette et leshauteurs au nord du village de Vaux. Incontestablement,si ce premier succès était dû à la bravoure et à l’abnéga-tion des troupes, il était également imputable à la fermetédu commandement qui s’était ressaisi et avait marqué savolonté d’enrayer à tout prix l’effort de l’adversaire.
Aussi, lorsque le 29 février, le général de Castelnaurevint de Verdun , il put, en me rendant compte de sa