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2 (1932)
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MÉMOIRES DU MARÉCHAL JOFFRE

Pétain de remettre les choses en ordre et de faire sentir sonaction, tout danger de perdre Verdun serait sans doutedéfinitivement écarté.

En effet, lopération préparée par le commandementallemand pour enlever Verdun par une attaque brusquéeavait échoué. Toutes les troupes adverses amenées par lecommandement avaient été engagées et lennemi allaitêtre obligé de faire appel à de nouvelles forces pour menerla longue et dure bataille dusure qui allait se prolongerjusquau moment loffensive russe dabord, puis lolîen-sive franco-britannique sur la Somme, obligeraient les Alle-mands à prendre devant Verdun une attitude défensive.De notre côté, pour donner toute initiative au général Pétain et permettre au général de Langle de se consacrer entiè-rement aux 4 e et 5 e armées devant lesquelles il semblaittoujours que lennemi se livrait à des préparatifs dattaque,je décidai le 27 février de rattacher directement la 2 e arméeau grand quartier général ; la 3 e armée, dont laction, sur-tout par sa droite, était intimement liée à celle de la 2 epassa à la même date aux ordres du général Pétain .

La bataille de Verdun offre une nouvelle preuve de lim-portance du commandement dans toute affaire de guerre.En effet, cest le 26 février que le général Pétain organisala 2 e armée en quatre groupements confiés aux mains éner-giques des généraux Bazelaire, Guillaumat, Balfourier etDucliêne. Or, dès le lendemain, lennemi reprenait sesattaques et par une violente action continuée dans la jour-née du 28, il cherchait à dégager le fort de Douaumontencerclé par nous. Mais, cette fois, nous repoussions sesattaques sur le bois du Chauffour et le village de Douau-mont et, à lest du fort, sur le bois de la Caillette et leshauteurs au nord du village de Vaux. Incontestablement,si ce premier succès était à la bravoure et à labnéga-tion des troupes, il était également imputable à la fermetédu commandement qui sétait ressaisi et avait marqué savolonté denrayer à tout prix leffort de ladversaire.

Aussi, lorsque le 29 février, le général de Castelnaurevint de Verdun , il put, en me rendant compte de sa