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il était parti modestement. Le 13 août 1914, il prit lecommandement d’une division de réserve qui se tira à sonhonneur de situations difficiles, en particulier lors de lacourse à la mer. Le 21 juin 1915, quand je nommai legénéral Pétain commandant de la 2 e armée, je donnai le33 e corps, devenu vacant, à Fayolle, et le 26 février 1916,je lui donnai la succession du général Dubois qui quittaitle commandement de la 6 e armée.
Fayolle justifia pleinement la confiance que je luitémoignais. Dans le commandement de son armée il fitpreuve des mêmes qualités que je signalais plus haut. Ilvoyait très bien et très clair. Il était calme et méthodique.
La préparation de l’artillerie commença le 24 juin aumatin.
Le 1 er juillet, l’attaque s’élançait : à 7 h. 30, au nordde la Somme, en liaison avec les Anglais ; à 9 h. 30, au sud.Grâce à l’excellent travail accompli par l’artillerie, l’in-fanterie progressa partout rapidement, et le soir, toute lapremière position allemande était enlevée, et le combatengagé sur la deuxième qui tomba le lendemain entrenos mains.
Chez les Anglais , le succès avait été moins net. Une sériede contre-attaques leur avait repris une partie des gainsqu’ils avaient réalisés dans les premières heures. A vraidire, les Allemands n’avaient pas cru que les Françaisseraient capables de mener, au sortir de Verdun, l’oiïensivede la Somme dont les préparatifs ne leur avaient paséchappé. Ils avaient pris plus de précautions en face desAnglais , d’où les plus vives réactions que subirent nosalliés qui se ressentaient, d’autre part, de la moins grandevirtuosité de leurs artilleurs et de la moindre expériencede leurs fantassins. Cette infériorité se traduisait par despertes importantes.
Le 10 juillet, la mission confiée à la 6 e armée françaiseétait intégralement réalisée. En particulier le plateau deFlaucourt était conquis.
Ce succès rapide, surtout au sud, où la surprise de l’en-nemi avait paru complète, le désir d’exploiter cette situa-
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T. II.